La présidente géorgienne Salomé Zourabishvili est la tête d'affiche d'un colloque parisien organisé par Euronews ce mardi. C'est la seconde fois en six mois que la toute nouvelle présidente de la Géorgie se déplace en France, et sans doute pas la dernière : jusqu'à l'année dernière, elle était encore française.

Salomé Zourabichvili, ex-diplomate française, a été élue présidente de Géorgie le 29 novembre dernier.
Salomé Zourabichvili, ex-diplomate française, a été élue présidente de Géorgie le 29 novembre dernier. © AFP / Mustafa Yalcin / Anadolou Agency

L'actuelle présidente de la Géorgie aura été française pendant 66 ans, la plus grande partie de sa vie. Née en 1952 en France de parents géorgiens - immigrés dans les années 1920, à l'époque où l'Union Soviétique envahissait puis annexait la petite Georgie – Salomé Zourabichvili a fait une longue carrière de diplomate, jusqu'à devenir ambassadeur de France, en Géorgie en 2003.

C'était son rêve.  Mais au bout de quelques mois, le Président du pays, le bouillant Mikheil Saakashvili, lui propose tout à la fois la nationalité géorgienne et le poste de ministre des Affaires étrangères ! Salomé Zourabichvili rentre ainsi simultanément dans le pays de ses pères et en politique. L'association avec Mikheil Saakashvili ne durera pas, mais Salomé persiste en politique : élue députée en 2016, elle finit par se présenter à la présidentielle de 2018, et pour ce faire, renonce à la nationalité française.

C'est toujours difficile de renoncer à ce qui a été une partie de votre vie, surtout que la nationalité ce n'est pas qu'un passeport, cela traduit ce que la France a été pour ma famille et pour les Géorgiens en général, c'est-à-dire une terre d'hospitalité. Donc renoncer à tout ça ressemble un peu à de l'ingratitude, mais en même temps ça faisait partie de la donne.

La présidente géorgienne Salomé Zourabishvili est la tête d'affiche du colloque Europe et populisme organisé par Euronews à Paris
La présidente géorgienne Salomé Zourabishvili est la tête d'affiche du colloque Europe et populisme organisé par Euronews à Paris © Radio France / Eric Biegala

Elle remporte haut la main cette élection présidentielle géorgienne en novembre dernier, avec près de 60 % des suffrages au second tour. Elle prend les rênes d'un pays dont deux provinces, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, ont fait sécession, encouragées et aidées militairement par la Russie, qui y a déployé ses troupes.

L'heure n'est toujours pas à la négociation

Pendant la campagne, Salomé Zourabichvili avait fait mine de vouloir reprendre langue avec Moscou, mais aujourd'hui, l'ancienne diplomate constate que l'heure n'est toujours pas à la négociation : « Toutes les actions quotidiennes, que ce soit la prise d'otage sur la ligne de confrontation, la russification des territoires occupés, la création de bases militaires multiples, tant en Ossétie du Sud qu'en Abkhazie, tout ça ce sont des provocations russes, alors que la Géorgie, de son côté, accueille plus d'un million de touristes russes tous les ans et ça se passe très bien. »

Quand on lui demande si elle imagine pouvoir un jour négocier d'égal à égal avec le président russe Vladimir Poutine, elle remarque simplement qu'« il faut être deux pour négocier et faire des progrès » et que, pour le moment, « la disponibilité de la Russie n'est pas là »

Le mandat de Salomé Zourabishvili court sur six ans et elle s'est fixé un objectif principal : 

J'ai un modèle qui est Mme Vīķe-Freiberga, ex-présidente de la Lettonie et qui, avec un mandat comparable au mien, a réussi à intégrer son pays dans l'Union européenne. Cela me semble un très bon exemple de ce que l'on peut faire à la tête d'un pays quand on sait où on va.

Pour le moment la Géorgie a signé un accord d'association avec l'UE, elle fait également partie du Partenariat oriental, mais difficile d'imaginer qu'on pourra aller au-delà : l'heure n'est clairement plus à un élargissement de l'Union européenne.

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