À la veille de la journée internationale contre les violences policières, l'ONG ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture) dresse un premier rapport sur les violences policières en France. Un travail sur dix ans, et des résultats alarmants.

Le rapport s'est intéressé aussi bien à l'usage des armes par les forces de l'ordre qu'au déroulement des enquêtes administratives et judiciaires, en se basant sur l'étude de 89 cas particulièerment graves).

C'est un sujet tabou auquel s'attaque l'ONG, car les informations sur les violences commises par les forces de l'ordre sont rares . Il n'existe d'ailleurs pas de statistiques officielles, explique Aline Daillère, auteure du rapport pour l'ACAT.

On ne sait absolument pas quel type d'armes est utilisé, en quelle quantité par les policiers et gendarmes chaque année, combien de personnes décèdent ou sont blessées dans le cadre d'interventions...On ne sait pas combien de plaintes sont déposées ni combien de condamnations ou de sanctions disciplinaires sont prononcées.

Trois utilisations de taser par jour

L'ACAT s'est donc attelée à recueillir toutes les données existantes. Elle a également entendu 65 personnes : des victimes, des magistrats, des représentants du ministère de l'Intérieur... Sur les dix dernières années, l'ONG a recensé 89 cas parmi les plus graves, lors de manifestations, de reconduites à la frontière ou d'interpellations.

Sur ces 89 cas, 26 personnes ont perdu la vie, 29 vivent avec des infirmités permanentes. Une victime sur deux a moins de 25 ans.

En cause notamment, le recours trop fréquent au flashball. L'interdiction d'un des deux types de flashball avait bien été préconisée, mais dans les faits rien n'a bougé. Autre interdiction demandée, celle du taser qui reste utilisé en moyenne trois fois par jour . Ce lundi matin, l'ACAT ira déposer un rapport géant de 2 mètres pour alerter les autorités et briser le silence.

MANIFESTATION DES SUPPORTERS ULTRAS DE FOOTBALL APRES LA BLESSURE PAR FLASHBALL DE ALEXANDRE MEUNIER
MANIFESTATION DES SUPPORTERS ULTRAS DE FOOTBALL APRES LA BLESSURE PAR FLASHBALL DE ALEXANDRE MEUNIER © PHOTOPQR/LE PROGRES/Maxime JEGAT
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