De 140.000 décrocheurs dans le système scolaire en 2010, on est passé à 98.000 en 2016, selon les derniers chiffres. Exemple dans le "Lycée des possibles", dans les Yvelines.

En six ans le nombre de décrocheurs a chuté de plus de 40.000 élèves
En six ans le nombre de décrocheurs a chuté de plus de 40.000 élèves © Maxppp / IP3 PRESS

A l'occasion d'un séminaire organisé ce lundi sur le décrochage scolaire, la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem doit présenter les résultats du plan de lutte lancé en décembre 2014 : de 140.000 décrocheurs en 2010, le système scolaire est passsé à 107.000 en 2015, et 98.000 en 2016.

"Des expériences à partir de la vie quotidienne"

La lutte contre le décrochage est devenue une priorité, et des dispositifs sont mis en place dans toutes les académies. Dans l'académie de Versailles (Yvelines), le "Lycée des possibles" est une petite structure intégrée dans un lycée professionnel classique, le lycée Colbert à la Celle Saint-Cloud.

Dans ce cours de sciences, les élèves sont en principe et une dizaine d'inscrits mais pour ce cours-ci, ils ne sont que cinq, encore souvent absents. Les professeurs tentent de les raccrocher par des séances très concrètes : "On met en place des petites expériences à partir de problèmes de la vie quotidienne", explique Christine Muller, professeur de biotechnologies. "Par exemple aujourd'hui on travaille sur du pain, pourquoi un pain ne gonfle pas".$

"On ne les lâche jamais"

L'objectif de ces classes est de faire revenir les élèves à l'école. "Parfois, comme les jeunes de mon âge, on se lève le matin, on ouvre les yeux, on se dit qu'on n'a pas envie d'y aller... moi, ça m'arrivait assez souvent", raconte Kévin, qui a décroché de nombreuses années. "Ce qui me remotive, c'est que je me suis remis beaucoup en question et que ce n'était pas si facile, sans diplôme".

Les élèves restent entre un mois et plusieurs années. Sur 44 élèves accueillis l'an dernier, il y a eu 22 sorties positives, détaille le proviseur du Lycée des possibles, Vincent Farjon : "On ne les lâche jamais : on s'engage jusqu'à l'obtention d'un diplôme". Le secret, c'est du sur-mesure : "Ils peuvent s'adapter au cas par cas", confie une élève de 17 ans qui a décroché de l'école pendant un an et demi, et vient d’intégrer il y a dix jours une 1ère L dans un lycée général. Elle envisage des études d'art ou de cinéma.

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