La COP sur la biodiversité touche à sa fin à Mexico, l'occasion de s'intéresser au sort des populations indiennes dont les territoires sont soumis à de plus en plus de pressions.

19 août 2015. Guatemala. Rituel maya.
19 août 2015. Guatemala. Rituel maya. © Maxppp / S. Rocker/picture alliance / blickwinkel/S/Newscom

Nous vivions en harmonie avec la nature (“la mère nature”), dans une coexistence tranquille. Mais aujourd’hui, dans notre région, cette coexistence a été bouleversée par l’imposition d’un système officiel de zones naturelles protégées.

Nous sommes au Guatemala et vous venez d’entendre Dina Juc qui est la représentante d’une communauté maya qui vit dans une zone naturelle protégée au Guatemala. Du Yucatán au Panamá, de nombreux conflits traversent l’Amérique centrale, opposant les populations indiennes aux mesures officielles pour contrôler les réserves naturelles. Alors que se tient actuellement à Cancún, au Mexique, la conférence des parties sur la biodiversité, la COP 13, des leaders des communautés indiennes d’Amérique Centale se sont rencontrés dans la capitale mexicaine pour évoquer les tensions qui surgissent lorsqu’il s’agit de la conservation des forêts et des ressources naturelles. Reportage à Mexico, Emmanuelle Steels.

Ils sont accusés d’être des envahisseurs, sur leur propre territoire. Les populations indiennes de la région de Semuc Champey mènent un bras de fer avec le gouvernement guatémaltèque. Leur habitat, une forêt tropicale, est devenu par décret un site naturel protégé. Pour Crisanto Tec, leader traditionnel de la communauté, la forêt serait mieux préservée si ses habitants avaient été impliquées dans cette décision.

Nous défendons la forêt car c’est notre terre. C’est là que nous sommes nés, c’est là qu’ont vécu nos ancêtres, et c’est l’héritage de nos enfants. Nous voulons être reconnus et respectés en tant que responsables de ces terres et de ses ressources naturelles. Nous voulons que les visiteurs puissent y accéder pour voir le site naturel de Semuc Champey. Mais nous pouvons préserver ce site et administrer ses ressources beaucoup mieux que le gouvernement, qui ne tient même pas compte de nous, les habitants.

Si les populations indiennes n’avaient pas pris soin des écosystèmes depuis des lustres, les gouvernements n’auraient pas à leur disposition des aires naturelles à protéger. C’est l’avis d’Andrew Davis, un chercheur de la Fondation Prisma, basée au Salvador, il étudie le lien entre la richesse biologique et les peuples originaires.

Dans le monde entier il y a une convergence très marquée entre diversité écologique et diversité culturelle. Là où vivent les populations indiennes c’est là ou se trouve la plus grande richesse écologique. C’est pourquoi les gouvernements cherchent à établir des zones protégées précisément sur ces territoires indiens, là où les ressources naturelles ont été préservées.

Souvent exclus des décisions de haut niveau, les peuples autochtones d’Amérique centrale ont pourtant obtenu la reconnaissance légale de leurs droits sur 65 % des zones sylvestres. Tous les experts le disent : si l’on reconnaît le rôle des populations indiennes comme gardiennes des forêts, la biodiversité n’en sera que mieux préservée.

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