Les Colombiens choisiront dimanche leur prochain président. Ce sera soit un ancien guerillero repenti, Gustavo Petro, soit plus certainement, le candidat de la droite dure et grand favori, Ivan Duqué, qui veut réviser une partie des accords de paix signés il y a deux ans à la Havane avec les Farc.

Une ex-rebelle des Farc et son bébé à Icononzo en Colombie, zone démilitarisée destinée à faciliter la réinsertion sociale des ex-guerilleros, le 12 juin 2018.
Une ex-rebelle des Farc et son bébé à Icononzo en Colombie, zone démilitarisée destinée à faciliter la réinsertion sociale des ex-guerilleros, le 12 juin 2018. © AFP / Raul ARBOLEDA

Les mains jointes et le regard rivé vers le sol, Jimena implore Dieu de lui donner la force de continuer. Cette victime d'une attaque de guerrieros des FARC porte sur le corps et le visage les stigmates des quelques secondes qui ont changé sa vie. 

Le 16 août 2012, un obus tombe dans son salon : "Mon fils Sébastien, était en train de se coucher quand j'ai senti l'explosion. Un bruit très fort. Mon ventre était en sang avec mon bébé à l'intérieur. Sébastien est mort. Le bébé que je portais est mort. Ça a été très dur, très difficile. Jusqu'à maintenant, je n'ai reçu aucun dédommagement. Ils n'imaginent pas à quel point nous souffrons." 

Il y a six ans, le gouvernement sortant du prix Nobel de la paix, Juan Manuel Santos, fait voter une loi d'indemnisation des victimes : 10 000 euros pour les familles des personnes assassinées, seulement une vingtaine d'euros pour les déplacés. Des sommes dérisoires, pour un texte appliqué à la marge. C'est l'avis de Sofia Gaviria, qui préside la fédération des victimes de Colombie  : "Seulement 7% des victimes ont obtenu réparation, c'est une honte. Non seulement la loi n'indemnise pas les victimes, mais elle les maintient dans une attente d'une aide de l'État". 

Si vous leur donnez des compensations très progressivement, vous les maintenez dans leur condition de victimes et vous avez alors une masse électorale que vous pouvez manipuler

Sofia Gaviria a choisi son camp : cette sénatrice de centre gauche votera pour le candidat de droite, Ivan Duqué. Le seul, selon elle, à prendre en compte les demandes des victimes du conflit.

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