Le 17 octobre 2016 débutait à Paris cette expérimentation controversée, mais très attendue par les associations. Un an après, le bilan est globalement positif.

Depuis son ouverture il y a un an, 800 toxicomanes se sont inscrits comme utilisateurs à la première "salle de consommation à moindre risque" de France, installée près de la gare du Nord à Paris.
Depuis son ouverture il y a un an, 800 toxicomanes se sont inscrits comme utilisateurs à la première "salle de consommation à moindre risque" de France, installée près de la gare du Nord à Paris. © Radio France / Danielle Messager

Il y a un an la "salle de consommation de drogues à moindre risque" ouvrait ses portes pour une expérimentation de six ans. L'espace Gaîa (du nom de l'association qui la gère, soutenue par l'état et la ville de Paris) de 700 mètres carrés est adossée à l'hôpital Lariboisière, près de la gare du Nord.

Aujourd'hui le bilan est positif pour l'association auprès de laquelle 800 usagers de drogues sont inscrits, à qui elle offre des consultations sanitaires, des dépistages de maladies infectieuses, une assistance sociale.

Le quartier a été très sécurisé par la SNCF. Les nombreux recoins où des toxicomanes s'injectaient des drogues ont été grillagés ou fermés. Il en reste quelques-uns qui ne vont pas dans la salle, car refusant toute collectivité.

Pour autant ça demeure un quartier qui outre la toxicomanie, est aussi confronté à la délinquance de rue et à de nombreux SDF. La salle de consommation ne peut pas, à elle seule, régler tous les problèmes du quartier.

Chaque jour, 200 usagers viennent consommer dans la salle, en toute sécurité, il n'y a eu que 13 cas d'urgence pour lesquelles l'hôpital a été sollicité, ce qui est très peu. L'ouverture de la salle, que dirige le docteur Elizabeth Avril, n'a pas entraîne d'arrivée incontrôlable de toxicomanes dans le quartier, explique-t-elle : "c’est exactement les personnes qu'on connaissait depuis 10 ans et qui fréquentaient le quartier. On a eu 10% de nouveaux ce qui ne nous semble pas être un afflux important. Il y a beaucoup de consultation vers des démarches sociales, le soin, il y a des gens qui vont vers le sevrage".

"L'hébergement c'est le point noir", explique le docteur Elizabeth Avril, "s'il n'y a pas d'hébergement les gens retournent à l'errance et aux nuisances"

Car il y a encore quelques toxicomanes qui refusent d'aller dans la salle. "Ils ne supportent pas le collectif ou ne veulent pas rencontrer certaines personnes"

Des nuisances, il y en a moins dans les rues voisines

Un an après, il ne reste qu'une banderole "stop à la salle de shoot" Elizabeth Carteron de l'association Action Barbes habite à une trentaine de mètres de la salle : "Alors mes fenêtres donnent sur une partie de hôpital, des toxicomanes qui s'injectent dans la rue je n'en voit pas. "des seringues au sol ça faut longtemps que je n'en ai pas vu - mais ça veut pas dire qu'il n'y en a pas -. En fin de journée il y a des attroupements au moment de la fermeture de la salle. C'est qui est sur c’est qu'une seule salle sur une région île de France de 12 millions d'habitants ça parait ridicule

A Montréal, ville de quatre millions d'habitants, il existe trois salles de consommation de drogues.

La première "salle de consommation de drogues à moindre risque" a ouvert en 1986 en Suisse. Il existe aujourd'hui 95 salles dans le monde dans dix pays.

En France, Strasbourg a suivi Paris avec l'ouverture d'une seconde salle à destination des usagers français et allemands, le 7 novembre 2016.

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