Une étudiante a partagé son amère expérience sur les réseaux sociaux. Son témoignage a suscité de nombreuses réactions.

illustration pharmacie
illustration pharmacie © Radio France / Maxppp

Sa mésaventure, d’abord racontée sur les réseaux sociaux, a été lue plus de 400 000 fois sur Le Plus de l’Obs. "Sabine" (un prénom d’emprunt), 20 ans, plante rapidement le contexte : une soirée alcoolisée, un rapport non protégé, et un lendemain matin groggy et angoissé. C’est là que ça se corse : la jeune femme se rend dans une pharmacie pour se procurer la pilule du lendemain, disponible sans ordonnance. Elle tombe sur un homme, âgé d’une trentaine d’années, qui lui demande : "Ah ben, on a passé une bonne soirée, hein ?". Sabine, interloquée, réitère sa demande, et se voit rétorquer : "Il va falloir arrêter de se foutre à poil pour rien", puis un dernier "Alors, vous avez décidé de demander gentiment ou vous préférez assumer vos nuits ?". L’étudiante, loin d’être soutenue par les autres clients (tous masculins) a préféré aller chercher le médicament dans une autre officine.

Un témoignage parmi d’autres

Le cas de Sabine est loin d’être isolé. En quelques clics sur un moteur de recherche, on trouve ainsi une vidéo montrant un pharmacien refusant de délivrer la pilule du lendemain à une mineure : "Je préfère qu’elle fasse attention plutôt qu’elle la prenne tous les quinze jours", plusieurs jeunes femmes à qui l’on réplique "On n’en a pas ici", d’autres à qui l’on parle de risques de cancer ou de stérilité, ou encore cette femme à qui le pharmacien demande d’avaler le médicament devant lui. Sans compter les refus de délivrer la pilule du lendemain gratuitement, ce qui est obligatoire pour les mineures (qui ne sont pas obligées de fournir une pièce d'identité).

MaContraceptionMonDroit

Ce partage d’expérience se multiplie depuis quelques semaines, notamment autour du hashtag #MaContraceptionMondroit. Et les discussions actuelles au sein de la profession de pharmacien n’y sont sans doute pas étrangères. En effet, mi-juillet, le gouvernement s’était inquiété de l’éventuelle introduction d’une clause de conscience dans le Code de déontologie des Pharmaciens (l’ancien, datant de 1995, doit être remplacé). Laurence Rossignol, ministre du Droit des Femmes, craignait que cela n’ouvre la possibilité à certains de refuser de vendre, entre autres, la pilule du lendemain, voire le préservatif.

Un mouvement de contestation a ainsi vu le jour, avec le hastag #MaContraceptionMonDroit, et avec une pétition en ligne qui a recueilli plus de 12 000 signatures. L’Ordre des Pharmaciens a finalement décidé quelques jours plus tard de suspendre la consultation de la profession sur ce point (le nouveau Code doit être validé à la rentrée).

Que dit la loi ?

Dans les nombreux témoignages publiés ces dernières semaines, les femmes, notamment les plus jeunes, expliquent souvent qu’interloquées, elles ont eu du mal à faire respecter leur droit à obtenir la pilule, et à trouver les arguments pour réclamer leur contraception d'urgence. Sur Twitter, certains ont donc décidé de faire des tutoriels.

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