Un nouveau sommet déterminant pour la réconciliation entre les deux Corées. Le président du Sud, Moon Jae-In, se rend demain à Pyongjang pour rencontrer le dirigeant du nord, Kim Jong Eun. Un tête-à-tête qui ravive les espoirs des dizaines de milliers de familles séparées par la frontière.

Certaines ont réussi à être momentanément réunies le temps d'une séance de retrouvailles organisée par les deux pays. Mais ces moments-là sont rarissimes.

Kim Kwang-ho, 81 ans est né en Corée du Nord. Pendant la guerre, il s’enfuit au Sud, laissant derrière lui son petit frère de 11 ans. Après 68 ans sans aucune nouvelle, il a enfin été autorisé à rencontrer, fin aout, au Nord :

La première fois que nous nous sommes revus, je n’ai pas cru que c’était mon frère. Après 68 ans de séparation, je n’avais aucun souvenir de son visage et je ne l’ai pas reconnu. Je lui ai donc posé plusieurs questions sur notre enfance, pour vérifier. J’ai ainsi pu être sûr que c’était bien lui. 

Kim Kwang-ho avait préparé deux valises de cadeaux, que son frère a d’abord refusées : il avait peur d’être dans le collimateur des agents nord-coréens, qui surveillent les rencontres de près. C’est peut-être cette surveillance qui pousse certains Nord-Coréens, en pleine retrouvailles, à se mettre soudainement à réciter la propagande officielle et à faire l’apologie de leurs dirigeants : 

Écouter ces mots de propagande me mettait mal à l’aise. Les Nord-Coréens ont subi un lavage de cerveau et parlent beaucoup d’idéologie. Mais je les comprends : c’est le seul moyen de réussir à survivre dans cette société. Cela ne me posait donc pas de problème.  

Les réunions n’ont duré que trois jours, et la Corée du Nord interdit ensuite aux familles de maintenir tout contact, par courrier ou par téléphone. 

J’ai répété plusieurs fois à mon frère : « De nos jours, les gens vivent jusqu’à 100 ans. Alors vivons 10 ans de plus, pour avoir une chance de nous revoir. » A sa femme qui l’accompagnait, j’ai dit : « ne le laissez pas boire d’alcool, ne le laissez pas fumer, évitez tout ce qui est mauvais pour lui ! »  

57 000 Sud-Coréens sont candidats à ces programmes de retrouvailles. La majorité a plus de 80 ans. Il y a donc urgence, mais en dépit du sommet demain à Pyongyang entre les deux dirigeants coréens, aucun accord pour une nouvelle rencontre n’a encore été trouvé.

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