La proportion de jeunes arrivés sur le marché du travail en 2010 qui sont restés en marge de l'emploi au cours des cinq années suivantes était de 17%, contre 10% pour ceux arrivés sur le marché du travail en 1998.

Les conditions d'insertion dans l'emploi des jeunes se sont pourtant considérablement dégradées dans le courant des années 2000
Les conditions d'insertion dans l'emploi des jeunes se sont pourtant considérablement dégradées dans le courant des années 2000 © AFP / Denis Meyer / Hans Lucas

C'est une étude unique en France et de grande ampleur, réalisée par le Cereq, le Centre d'études et de recherches sur les qualifications, qui publie un ouvrage sur l'insertion professionnelle des jeunes. 

Le Cereq a observé, entre 1992 et 2015, des jeunes sortis la même année du système éducatif et les a interrogés 5 ans après. 

Résultat : plus de diplômés, les jeunes sortent mieux armés. Mais des inégalités demeurent, se creusent. 

Et il apparaît que le diplôme de l'enseignement supérieur, même s'il protège toujours contre le chômage, a un impact moindre qu'il y a 20 ans. 

En matière de salaire tout d'abord, les diplômes de l'enseignement supérieur sont moins rentables qu'il y a 20 ans. Les rémunérations des titulaires d'une licence ont baissé, et plus encore celles des diplômés de master ou d'une grande école.

Les jeunes femmes ont des diplômes de plus en plus élevés. Mais cela ne leur garantit toujours pas le niveau de salaire des hommes, même si l'écart se réduit, on est passé de 20% il y a 20 ans à 11%, de différence de salaire. Cette amélioration est surtout due aux difficultés des hommes et pas seulement aux meilleures qualifications des femmes, comme le dit la sociologue Dominique Epiphane. 

Les diplômes du supérieur sont moins efficaces pour gommer "l'effet quartier", pour les jeunes issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville. 

Le diplôme reste malgré tout nécessaire pour accéder à l'emploi et surtout s'y maintenir. 

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.