La candidate à la primaire de la droite a du mal à réunir les soutiens nécessaires. Elle s’est lancée dans une tournée d’été. Une période spéciale pour la communication politique.

Nathalie Kosciusko-Morizet à Sète
Nathalie Kosciusko-Morizet à Sète © Maxppp / Vincent Andorra

Nathalie Kosciusko-Morizet doit obtenir d'ici le 9 septembre le soutien de 250 élus, dont 20 parlementaires, et de 2.500 adhérents répartis sur quinze fédérations, pour pouvoir prétendre se présenter au scrutin du 20 et 27 novembre 2016. Si la quête n’a pas posé de problèmes aux grosses pointures comme Alain Juppé, François Fillon ou encore Bruno Le Maire, NKM a, elle, du faire une croix sur ses vacances pour sillonner la France, de la côte basque aux côtes bretonnes (entre autres) afin de récolter les précieuses signatures. Un été studieux, mais ce sont finalement quasiment tous les politiques qui s’obligent désormais à garder leur posture de personnalité publique pendant les vacances d’été.

Candidats : faire de la prospective

Il y a ceux qui font comme si de rien n’était, comme Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, qui a lâché le costume-cravate pour le short de bain, main dans la main avec sa femme, sur la plage de Biarritz. "Une retraite pour lire, écrire et préparer la rentrée" nous dit Paris Match, car "les prochains mois seront ceux des grandes décisions". 

Il y a aussi ceux qui raccourcissent les manches, et défont le bouton de chemise, mais continuent de faire vivre leur campagne. On connaît les désormais traditionnelles caravanes d’été, qui arpentent le pays pour conquérir des sympathisants ou des électeurs.

La version 2016 est plus sobre que celle de 2008, où les "Jeunes Pop" distribuaient les fameuses tongs dont la semelle inscrivait le sigle UMP dans le sable, ou celle de 2015, quand les Jeunes Républicains offraient des préservatifs "Merci pour ce moment", clin d’œil au livre assassin de Valérie Trierweiler.

Ce rite de la caravane politique itinérante a cours à droite, à gauche et chez les syndicats.

Et puis il y a ceux qui font caravane seul, comme Bruno Le Maire, candidat à la primaire de la gauche et du centre, en plein travail, avec des selfies plage et glace à la vanille.

Du général de Gaulle à François Hollande, évolution d’une scénographie présidentielle

On imagine mal le général de Gaulle déambuler en bermuda et polo dans les rues d’un petit village bucolique du Sud de la France. Et le fondateur de la Vème République préférait en effet l’intimité de La Boisserie, demeure familiale située à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne), où le général aimait à "restaurer [sa] sérénité", autrement dit, s’isoler du tapage médiatique. Son successeur, Georges Pompidou, ne révolutionnera pas l’exercice estival : une ferme à Cajarc dans le Lot, tout comme François Mitterrand aura à cœur de montrer ses racines "terroir" dans sa bergerie landaise de Latche.

Entre ces deux présidents, Valéry Giscard d’Estaing, qui avait misé sur son image de modernisateur de la vie politique, a lancé la mode de la communication politique en vacances, avec un petit plongeon en maillot de bain devant le fort de Brégançon.

Le jeune président veut montrer qu’il est comme tous les Français. L’exercice va devenir un incontournable. Et Jacques Chirac, friand des bains de foule, ne s’en plaindra pas.

Avec son successeur, Nicolas Sarkozy, l’opération communication devient une mécanique bien huilée, malgré quelques couacs qui le poursuivront plusieurs années, comme l’épisode du yacht Paloma, propriété du milliardaire Vincent Bolloré, sur lequel Nicolas Sarkozy fraîchement élu avait passé quelques jours après la campagne électorale. Mais le chef de l’État s’emploiera tout son mandat à se montrer actif, grimpant des côtes à vélo, pratiquant son footing quotidien, ou marchant sur la plage au bras de sa compagne Carla Bruni.

Lui président, François Hollande a ensuite tenté la normalité, partant en 2012 pour ses premières vacances estivales de chef d’État en train, vers la Méditerranée. Avec des conséquences désastreuses en termes d’image, qui changeront pour tout le quinquennat les vacances du président et du gouvernement.

Gouvernement : être en vacances, sans faire croire à une vacance

Pour les ministres, secrétaires d’État, ainsi que pour le Président de la République, qui plus est dans un contexte marqué par le terrorisme, il faut se montrer concerné, au travail. Mais la consigne est née dès l’été 2013. Car l’année précédente, donc, les longues vacances (trois semaines, pour "recharger les accus" avait dit le président) de François Hollande avaient laissé une impression de vide et des sondages en berne. L’année suivante, les membres du gouvernement avaient donc obligation de prendre dix jours maximum, à moins de deux heures de Paris. Histoire de montrer l’image de Français normaux, qui se mêlent au peuple, mais sans donner l’impression de déserter ses fonctions.

Cette année, plus que jamais après deux tueries terroristes de masse (le 14 juillet à Nice, le 13 novembre à Paris), l’équipe gouvernementale a voulu se montrer sur le front. Pendant la pause estivale officielle (deux semaines sans conseil des ministres), Manuel Valls a rencontré des réservistes de l’Allier avec le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, puis des gardiens de prison de Nîmes avec Jean-Jacques Urvoas, le garde des Sceaux. François Hollande, lui, est venu faire une visite express en Corrèze où il a évoqué incendies et réserve opérationnelle. Il a également rencontré le pape François pour parler de l'assassinat du père Jacques Hamel, et tenu de réguliers conseils de défense et de sécurité.

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