La méthanisation permet de produire de l'énergie à partir de déchets organiques, des résidus d'origine végétale ou animale. La filière est encore peu développée en France, mais le gouvernement devrait annoncer des mesures pour encourager son développement avant l'ouverture du Salon de l'Agriculture samedi 24 février.

Un coup de pouce que certains agriculteurs n'ont pas attendu pour se lancer. Comme cette famille d'éleveurs de porcs à Saint-Nicolas-du-Tertre dans le Morbihan.

A quelques mètres des 2.400 porcs de Vivien Texier, une énorme cuve est alimentée en permanence par du lisier, mais aussi des boues agricoles, des graisses alimentaires, des résidus de céréales, de légumes : tout ce qui est organique peut fermenter dans cette cuve pleine de bactéries qu'on appelle un digesteur.

"Pour faire simple, c'est de la nourriture qu'on envoie aux bactéries qui vont la consommer pour produire du biogaz" résume Vivien Texier. Les 15.000 tonnes de déchets traitées chaque année chez les Texier permettent d'alimenter 700 foyers en électricité. L'éleveur récupère aussi de l'engrais naturel grâce à des matières qui, avant, étaient souvent épandues dans les champs. 

"C'était un peu du gaspillage, estime Vivien Texier, la matière finira toujours pas être épandue, mais on extrait l'énergie avant de l'épandre". En captant le méthane, les exploitations réduisent aussi les émissions de gaz à effet de serre et économisent en frais de traitement des lisiers.

Et ce ne sont pas les seuls avantages d'après le père de Vivien, Bernard-Pierre Texier qui assure que les odeurs disparaissent après le traitement dans l'unité de méthanisation. Malgré tout, la filière peine à se développer. Il y a encore trop de freins administratifs et financiers pour Frédéric Flipo, cofondateur d'Evergaz, l'actionnaire majoritaire de l'unité de méthanisation.

Mais les défenseurs de l'environnement ont quelques réserves. Marion Sevaz est la coordinatrice du réseau énergie chez France Nature Environnement et selon elle, il faut absolument adapter la taille des unités de méthanisation à celle des élevages pour ne pas tomber dans les travers allemands. Chez nos voisins, par endroit, on cultive uniquement pour produire du biogaz au détriment de l'alimentation.

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