Après ce 14ème samedi de mobilisation des gilets jaunes, la ville du Mans, dans la Sarthe, répare les dégâts. Une quarantaine de vitrines ont été saccagées en centre-ville. La permanence d'un député LREM et le journal Ouest-France ont été visés pour la première fois. Les gilets jaunes dénoncent la présence de casseurs.

Lors de la manifestation des gilets jaunes du samedi 16 février, la vitrine du journal Ouest-France a été visée par des casseurs. 18 février 2019.
Lors de la manifestation des gilets jaunes du samedi 16 février, la vitrine du journal Ouest-France a été visée par des casseurs. 18 février 2019. © Radio France / Rémi Brancato

En trois mois de mouvement des "gilets jaunes", jamais la ville du Mans n'avait connu autant de dégradations. Samedi 16 février, une quarantaine de boutiques ont été visées en centre ville par des casseurs. Surtout, la permanence du député La République en Marche (LREM), Damien Pichereau, a été vandalisée. Le journal Ouest-France a aussi été visé par des casseurs qui ont saccagé la vitrine de son siège départemental.

La permanence du député saccagée

Ce lundi, la ville répare encore les dégâts. "Là on a un bureau cassé, il y a des traces sur les murs" témoigne Damien Pichereau, venu constater l'état de sa permanence, en centre-ville. Ce samedi, le rideau était baissé, aucun collaborateur n'était présent, par mesure de précaution. Des individus cagoulés et déterminés ont détruit le mobilier, allumé un gaz lacrymogène et inscrit trois lettres sur un mur : "RIC".

La permanence du député LREM Damien Pichereau vandalisée (18 février 2019)
La permanence du député LREM Damien Pichereau vandalisée (18 février 2019) © Radio France / Rémi Brancato

La permanence du député LREM Damien Pichereau vandalisée au Mans - Rémi  Brancato"Le plus paradoxal pour moi c'est cette inscription pour le référundum d'initiative citoyenne, on attaque la permanence d'un député élu démocratiquement et on se permet de demander plus de démocratie" dénonce Damien Pichereau, qui estime les dégâts à 10 000 euros.

Dans la permanence du député Damien Pichereau, une inscription RIC a été taguée. 18 février 2019.
Dans la permanence du député Damien Pichereau, une inscription RIC a été taguée. 18 février 2019. © Radio France / Rémi Brancato

Le journal Ouest France attaqué, du jamais vu

A quelques rues de là, c'est la permanence du journal Ouest France qui doit refaire sa façade. 42 impacts sont visibles depuis la rue Gambetta : des coups de pieds et de marteau, assénés en moins de cinq minutes samedi après midi par des individus cagoulés, là aussi.

La vitrine du journal Ouest-France a été visée par des casseurs. 18 février 2019.
La vitrine du journal Ouest-France a été visée par des casseurs. 18 février 2019. © Radio France / Rémi Brancato

"On est pas habitué à ça" témoigne Eric de Grandmaison, directeur départemental du journal en Sarthe, à un lecteur venu "apporter [son] soutien". "Cela n'est jamais arrivé à Ouest France, dans aucun des 12 départements" où est présent le titre. ajoute-t-il.

"On a toujours essayé de faire notre travail honnêtement et aujourd'hui on nous attaque à coups de marteaux : des journalistes qui étaient là samedi ont exprimé leur peur de revenir au travail" témoigne le journaliste. Deux hommes armés de marteaux, cagoulés, sont même entrés brièvement dans la rédaction samedi, alors que six journalistes y travaillaient. Le journal a porté plainte. La rédaction avait reçu des menaces, circonstanciées, sur Twitter, dix jours avant les faits. 

Huit interpellations ce week-end

Ce week-end, huit personnes ont été interpellées au Mans, pour la plupart tard dans la soirée samedi. Mais pour les gilets jaunes, il ne s'agit pas des casseurs. Vingt d'entre eux sont justement venus soutenir leurs camarades devant le tribunal du Mans ce lundi. "Cela s'appelle de la répression" dénonce Thierry au sujet des interpellations du week-end. "Des gens qui étaient genoux par terre, en signe de pacifisme se sont faits roués de coups, avec une violence inouïe" dénonce pour sa part Damien.

Le mouvement des gilets jaunes n'est en aucun cas violent au Mans

Quant aux dégradations, les gilets jaunes se disent étrangers à ces actes. "Le mouvement des gilets jaunes n'est en aucun cas violent au Mans, on dénonce ces casses : ce n'est pas nous" assure Thierry. Et plusieurs de ses camarades ajoutent que les "vrais" casseurs sont sans doute repartis samedi, peu après les violences, sans êtres inquiétés.
 

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