Des manifestants devant le stade de Brasilia
Des manifestants devant le stade de Brasilia © FERNANDO BIZERRA JR/EPA/MAXPPP

C’est l’une des critiques récurrentes de la population brésilienne envers ce Mondial : le coût des stades, jugé faramineux. Gros plan sur le plus cher des 12 stades : celui de la capitale Brasilia, le "Mané Garrincha."

C’est une immense enceinte blanche, au cœur de la capitale portée par près de 300 fins piliers de béton comme sur pilotis, un style inspiré d’Oscar Niemeyer, le célèbre architecte qui a dessiné la ville de Brasilia. Sa particularité ? c’est le plus vert des 12 stades de ce Mondial, bien au-delà des exigences environnementales imposées par la FIFA. Le "Mané Garrincha" pourrait même être le premier stade au monde certifié LEED Platine, soit la plus haute distinction pour les bâtiments écologiques. Il fait la fierté des autorités. Claudio Monteiro, le secrétaire d’Etat chargé de la Coupe du monde à Brasilia :

Nos plaques photovoltaïques vont produire de l’énergie pour alimenter environ 2 000 foyers par jour. C’est une usine solaire. L’eau de pluie récupérée servira à tout le nettoyage du stade mais aussi à l’irrigation de la pelouse. Quant à la toiture elle est auto-nettoyante et elle assainit l’air. A terme, le stade sera capable de capturer la pollution d’environ 1000 voitures par jour.

Selon le Tribunal des comptes de l’État, il aura coûté 520 millions d’euros, entièrement sur fonds publics, plus du double du budget initialement prévu. Une dépense injustifiable et inacceptable dénonce la population qui prévoit justement de retourner dans les rues pour protester, comme elle l’avait fait en juin dernier. C’est le cas de Francisco Carneiro, économiste militant :

C’est d’une totale irresponsabilité parce qu’on avait déjà un stade, tout prêt mais il a été démoli, pour en reconstruire un nouveau pour satisfaire les caprices de la FIFA. En 2012 et 2103, le gouvernement a retiré des ressources aux secteurs de l’enfance et adolescence, au secteur de la santé qui représentent des besoins urgents pour notre population. C’est le plus grand symbole de gâchis de l’argent public : un projet de la ville construit pour combler les intérêts d’une élite, d’une poignée. C’est un stade pour les riches, avec l’argent des pauvres.

Pour ce mondial, le Brésil s’est doté des stades les plus chers de la planète plus que ce qu’avaient dépensé, l’Allemagne et l’Afrique du Sud réunis sans oublier le coût humain : au total huit ouvriers sont morts sur les chantiers.

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