Après la mécanique ondulatoire ou encore le Pop In, c'est au tour de l'Espace B, dans le XIXe arrondissement, d'être sous le coup d'une fermeture administrative pour des raisons de normes de sécurité. Des sorties de secours trop petites, des compteurs électriques surannés…

Un nouveau café-concert parisien l'Espace B, dans le XIXe arrondissement, est sous le coup d'une fermeture administrative pour des raisons de normes de sécurité
Un nouveau café-concert parisien l'Espace B, dans le XIXe arrondissement, est sous le coup d'une fermeture administrative pour des raisons de normes de sécurité © Radio France / Laurence Méride

Depuis l'incendie du bar Le Cuba Libre à Rouen qui a fait 14 morts en août 2016, la préfecture de police de Paris multiplie les contrôles dans la capitale et elle est pointilleuse pour éviter les drames. Mais la fermeture définitive de plusieurs bars parisiens agace les clients, les gérants et même la Mairie de Paris. 

C'est autour d'un verre que Grégoire et Victor partagent leur déception : "L'espace B c'est un lieu qui n'est pas dans tout ce truc hype où on sélectionne les gens qu'on fait rentrer, où il faut être bien habillé. Les gens sont heureux de boire une bière en terrasse d'aller voir des concerts, de débriffer avec les mecs qui viennent de jouer. C'est simple en fait. Si l'espace B ferme,  je pense qu'on pourra retirer de nos agendas respectifs 3 à 4 concert par mois, ça nous laisserait un énorme vide."

La première fois que Victor a vu un concert à l'Espace B c'était il y a neuf ans. Alors il ne laissera pas le bar fermé définitivement sans bouger : "Ça peut peut être des concerts de soutien, des manifestations, ça peut être des pétitions, ça peut être des concerts sauvages juste devant. Dans ce milieu on a cette volonté de faire bouger les choses encore c'est ce qui est important."

Hamza Kemache, gérant de l'espace B, sera contraint de fermer son bar définitivement si l'ordonnance de la préfecture n'est pas levée
Hamza Kemache, gérant de l'espace B, sera contraint de fermer son bar définitivement si l'ordonnance de la préfecture n'est pas levée © Radio France / Laurence Méride

Le 24 juillet la préfecture de police ordonne une fermeture immédiate jusqu'à nouvel ordre. Dans la cave de l'Espace B où se déroulent les concerts, il faut agrandir une issue de secours de 40 cm. C'est un coup de massue pour Hamza Kemache. Le gérant du bar avait déjà réparé la salle quelques mois auparavant : "Depuis la première ordonnance tout a été fait. Aujourd'hui on ne sait pas quel est le souci. J'ai été voir une société de sécurité, je leur ai demandé ce qu'il y avait à faire, ils m'ont dit 'au niveau de la loi vous êtes bien parce que vous avez deux sorties de secours'. On est à cinq à travailler dans ce lieu, je suis obligé de mettre tout le monde en chômage technique, je n'ai vraiment pas le choix parce que j'ai beaucoup de charges : j'ai des impôts, des charges salariales, j'ai le loyer aussi à payer derrière on en a pour 10 à 15 000 euros par mois de charge."

Les travaux de mises aux normes sont couteux. Conséquences, les propriétaires jettent l'éponge et les établissements ferment un à un définitivement. Des établissements qui font un travail de lien social dans les quartiers. Alors la mairie de Paris essaie de limiter la casse, Frédéric Hocquard est adjoint à la vie nocturne : "La ville de Paris les aide pour faire ces petits travaux qui permettent que ces salles continuent, mais il ne faut pas qu'entretemps la préfecture de police soit trop de tatillonne. Faut pas appliquer le règlement à la lettre car c'est toujours source de crispation. On va tout faire pour empêcher que ces bars la ne ferment pas."

Pour permettre aux bars de rester ouverts pendant les travaux, la Mairie de Paris a proposé que la capacité d'accueil soit réduite. Mais la préfecture de police n'a pas donné suite.

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