C'est un système qui a d'abord été expérimenté à Roissy, et vient de faire son apparition le mois dernier à Orly. Les postes-frontières automatisés à reconnaissance faciale sont désormais une soixantaine dans les deux aéroports parisiens. Leur but : désengorger les files d'attente.

Le nouveau système est déjà en fonction à l'aéroport d'Orly
Le nouveau système est déjà en fonction à l'aéroport d'Orly © Radio France / Sophie Parmentier

A l'aéroport d'Orly, le directeur de la police aux frontières, le commissaire divisionnaire Serge Galloni, se faufile entre les chariots surchargés de valises, et il nous guide jusqu'à ces postes-frontières flambant neufs. On les appelle des PARAFE, pour "Passages automatisés rapides aux frontières extérieures". Ce sont des SAS, avec portes battantes vitrées, accessibles quasi exclusivement aux majeurs détenteurs d'un passeport biométrique européen. 

Avant, l'empreinte digitale était l'unique sésame, dans ces sas. C'est désormais la reconnaissance faciale automatique qui ouvre la frontière, explique le directeur de la PAF d'Orly. Il espère ainsi fluidifier les files d'attente : "Les sas digitaux ne permettaient de faire passer que les passagers de quatre nationalités. Là, avec les sas à reconnaissance faciale, nous avons tous les citoyens de l'Union européenne, ou ceux qui bénéficient de cette liberté de circulation, les Suisses, les Norvégiens, les Islandais, les habitants du Liechtenstein. Donc, c'est réellement un gros progrès, pour ceux qui ont leur passeport biométrique." 

Le commissaire divisionnaire Serge Galloni, directeur de la police aux frontières de l’aéroport d’Orly
Le commissaire divisionnaire Serge Galloni, directeur de la police aux frontières de l’aéroport d’Orly © Radio France / Sophie Parmentier

Une jeune étudiante, embauchée pour l'été par Aéroports de Paris, oriente des touristes vers cette frontière automatique. La reconnaissance faciale est censée faire gagner quinze à vingt secondes par voyageur. Actuellement, on estime qu'il faut une trentaine de secondes pour passer devant le policier de la PAF perché dans sa guérite, baptisée "aubette". 

Vêtue d'un gilet orange, Célia jette un oeil aux passeports des passagers éligibles pour la frontière en quasi self-service, et les invitent à poser leurs papiers sur le scan. Une dame s'inquiète. "Je dois enlever mes lunettes ? Mais je ne vois plus rien, sans." "Vous les enlèverez après", la rassure l'étudiante. "Prenez votre passeport à la page de la photo, posez-le à plat dans le lecteur." Mini bug, ce lecteur ne marche pas. L'étudiante doit changer de SAS. "Une fois que c'est scanné, on rentre. Vous posez vos pieds sur les marquages au sol, allez-y. Retirez vos lunettes et regardez en face, sur l'écran." La dame est à ce moment précis coincée au milieu du sas, des portes vitrées devant et derrière elle, ses yeux plantés devant l'écran. 

Le système Parafe a été mis en place à Orly en juin 2018, mais aussi à Roissy-Charles-de-Gaulle
Le système Parafe a été mis en place à Orly en juin 2018, mais aussi à Roissy-Charles-de-Gaulle © Radio France / Sophie Parmentier

L'écran ressemble à un photomaton. En un clin d’œil, la photo du passeport scanné est comparée au visage du passager dans le sas. Si aucune alerte ne sonne pour signifier que le passager est recherché par la police, alors la porte s'ouvre. Cinq portes peuvent s'ouvrir simultanément, sous l’œil d'un seul policier. Mais la police aux frontières continue à veiller de près sur ces passages automatisés, assure Jean-Paul Lucchini, l'un des commandants de la PAF d'Orly. "Nous avons un superviseur. Et il a des écrans de contrôle. Si une personne est confinée, si elle est bloquée parce que la machine a détecté qu'elle était dans un fichier de recherche, alors la personne ressort, et elle est contrôlée, manuellement, au niveau du poste de police.

Les patrons de la PAF d'Orly affirment que ce système est fiable. Que la fraude est impossible avec cette reconnaissance faciale en trois dimensions. Ils assurent par exemple que l'évadé Redoine Faïd ne pourrait pas réussir à passer avec de faux papiers à travers ces frontières automatiques. Pas plus que des terroristes, jure la PAF, alors que dans l'aérogare d'Orly, des chiens renifleurs font des rondes. Guettant la moindre trace d'explosifs. 

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