Des mesures de restrictions d'eau pour les agriculteurs, mais aussi pour les particuliers. Cette année, il n'a pas fallu attendre l'été pour que le préfet prennent des arrêtés de restriction dans l'Indre, dans deux zones au Nord de Châteauroux. Une sécheresse due au manque de pluie, mais aussi liée au réchauffement.

Sécheresse dans l'Indre
Sécheresse dans l'Indre © Radio France / Rémi Brancato

Une sécheresse répétée et de plus en plus précoce : 11 départements ont déjà pris des mesures de restrictions d'eau alors que nous ne sommes que mi-mai. C'est le cas de l'Indre où dans deux zones du département, au Nord de Châteauroux, deux cours d'eau sont déjà en alerte rouge. Leur débit diminue de manière alarmante, d'année en année.

Restrictions d'eau pour les particuliers

Résultat : le préfet de l'Indre a pris deux arrêtés fin avril et début mai pour restreindre l'utilisation de l'eau, d'abord pour les particuliers puis pour les agriculteurs. "Ce qui est révélateur ce sont les pommes de pin : quand elles écartent déjà les bras comme ceci, on peut se dire que l'été sera très sec" constate Claudine, habitante de Déols, au Nord de Châteauroux, commune concernée par les restrictions.

"On a eu trois bouleaux qui sont morts, un grand sapin également : c'est un souci cette sécheresse mais on s'adapte, on arrose le soir" ajoute la retraitée, qui prévoit même de changer les plantes de son jardin, pour des espèces moins gourmandes en eau. Depuis fin avril, l'arrosage est interdit avant 20 heures, comme le nettoyage des voitures ou le remplissage des piscines. 

Les communes s'adaptent

Il faut donc s'adapter. Les services de la commune de Déols ont pris les devants il y a six ans avec l'installation d'une cuve au centre techniques municipal pour récupérer les eaux de pluie. "50% d'économie de consommation d'eau" précise Antonio Audonnet, le responsable. 

Sécheresse dans l'Indre : Antonio Audonnet, du centre technique municipal de Déols
Sécheresse dans l'Indre : Antonio Audonnet, du centre technique municipal de Déols © Radio France / Rémi Brancato

Le maire précise adapter les cultures, avec des espèces de plantes pour les espaces publics moins voraces en eau. "On devait refaire l'engazonnement du stade de rugby mais il faut arroser pendant plusieurs mois et c'est interdit" raconte aussi Michel Blondeau. Alors "au mois d'octobre les joueurs retrouveront le stade comme aujourd'hui : de la terre, c'est pas facile à faire comprendre!"

Déols fait partie des 13 communes concernées par les mesures de restriction d'eau, car deux cours d'eau sont passées sous le seuil de crise : la Trégonce et la Ringoire. Ce dernier est surveillé par le maire de Coings, commune voisine. "On est en chute libre de quantité d'eau dans le petit ruisseau, c'est flagrant cette année" constate amèrement Jean-Pierre Marcillac, qui n'a jamais vu une telle situation.

Sécheresse dans l'Indre : Jean-Pierre Marcillac, maire de Coings
Sécheresse dans l'Indre : Jean-Pierre Marcillac, maire de Coings © Radio France / Rémi Brancato

"C'est vraiment le réchauffement climatique qui est à l'oeuvre

L'association Indre Nature s'inquiète d'une sécheresse en réalité structurelle et a étudié les données de tout le département de l'Indre depuis 30 ans. Résultat : une baisse du débit des cours d'eau de 20% et la pluviométrie n'est pas forcément en cause. 

Sécheresse dans l'Indre : Jacques Lucbert, de l'association "Indre Nature"
Sécheresse dans l'Indre : Jacques Lucbert, de l'association "Indre Nature" © Radio France / Rémi Brancato

"On observe une augmentation de la température moyenne qui est importante : de 1,2°C en 30 ans et elle accroît l'évaporation" avance Jacques Lucbert le président pour qui "c'est vraiment le réchauffement climatique qui est à l'oeuvre". 

Dans le secteur concerné par les restrictions, de nombreux céréaliers ont déjà perdu une partie de leur récolte. Avec les interdictions d'irrigation, les premiers semis n'ont pas levés et certains sont déjà perdus.

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