Bartabas dans Golgota
Bartabas dans Golgota © Radio France / Nabil Boutros

Golgota, le nouveau spectacle de Bartabas fait référence aux rituels de la religion. Il est accompagné sur scène par le danseur de flamenco Andrès Marin. Un spectacle qui invite à la méditation.

Une odeur prononcée d'encens se répand dans la salle. Devant un rideau rouge, le comédien de petite taille Pierre Estorges joue les sacristains et quémande quelques pièces de monnaie en guise d’offrande. Bartabas nous plonge dès le début dans un univers christique qui ne va pas se démentir tout au long du spectacle. Lui qui est athée et qui a connu ses premières sensations théâtrales dans une église utilise les codes de la religion.

Golgota est un spectacle sur le recueillement sur fond de chants grégoriens espagnols du 17ème siècle. C'est surtout la rencontre entre deux artistes hors norme. Bartabas a choisi Andrès Marin parce qu’il fait partie de cette génération de danseurs qui dépoussièrent le flamenco.

J'ai aussi demandé à Andrès d'enlever à un moment ses chaussures et de danser pieds nus sur le sable. Ce qui est un comble pour un danseur de flamenco, c'est comme si on lui enlevait 50% de ses moyens. Et c'est magnifique car on voit le rythme sans l'entendre. C'était une des prouesses du spectacle. Souvent on parle du flamenco à travers le duende mais je préfère que l'idée du compas , c'est le rythme, la cadence. Et cela nous a beaucoup rapproché avec le travail des chevaux qui est basé sur l'impulsion et le rythme.

Le dialogue entre le danseur de flamenco et l'homme à cheval est saisissant dans cet espace réduit et contraint de la scène du théâtre. Andrès Marin frappe avec une baguette sur un crane de cheval, il se flagelle le dos avec la queue tressée d'un cheval, il défie l'animal avec son souffle jusqu'à le faire reculer. Et il danse le flamenco les pieds nus sur les graviers. Son flamenco est aérien avec des gestes découpés de manière géométrique dans l'espace. Et lorsqu'à la fin du spectacle transporté sur une croix, il porte des sabots de cheval aux pieds, le danseur se fait alors fait animal, tout comme le cheval s'est fait centaure.

Comme toujours dans les spectacles de Bartabas, les images sont magnifiques. Ici le flamenco aérien et léger d'Andrès Marin se marie magnifiquement bien avec la puissance et la force des chevaux.

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