Delphine Simon revient ce matin sur les propos de Marine Le Pen, l’eurodéputée Front National. C’était dans l’émission Mots croisés sur France 2 le 3 février dernier.

On se demande donc si le Parlement européen a adopté une directive qui impose la Gestation Pour Autrui et la Procréation Médicalement Assistée partout en Europe. Mais c’est faux. D’abord, Marine Le Pen s’est comme on dirait, emmêlé les pinceaux. Au bout de 10 ans passés à Strasbourg, c’est un peu étonnant, mais l’eurodéputée confond directive et résolution. Une directive européenne est transposée dans le droit des États membres, elle s’impose à tous. Or dans ce cas ci, il s’agit d’une résolution, autrement dit un avis, une prise de position. Aucun effet contraignant : c’est un peu comme lorsqu’un conseil municipal vote un vœu.

Marine Le Pen affirme que le rapport autorise la GPA et la PMA la procréation médicalement assistée et la Gestation pour autrui dans toute l'Europe. C’est vrai ou c’est faux ? Là encore c’est complètement faux. Delphine Simon s'est procuré le rapport. Et il est assez classique. C’est un plan d’action pour mieux lutter contre l’homophobie et les discriminations dont sont victimes les citoyens en raison de leur orientation sexuelle. Le texte, pas vraiment révolutionnaire de l’aveu même de sa rapporteure, en reste aux grands principes. Les États restent souverains, c’est précisé au début et à la fin. Pas un mot sur la GPA et la PMA. S’il est question de reconnaitre les PACS, les partenariats civils ou les mariages gay, à travers c’est pour simplifier la vie des citoyens lorsqu’ils voyagent dans un autre pays où ces dispositions n’existent pas.

Mais alors, comment expliquer que Marine Le Pen fasse une telle confusion ? Des rapports contre l’homophobie, le parlement européen en vote tous les ans quasiment, ça n’a jamais provoqué le moindre débat confie l’eurodéputé Arnaud Danjean. Ce qui a joué c’est le calendrier, deux jours après la mobilisation de la Manif pour tous, ce rapport Lunacek est agité comme un chiffon rouge. Sur internet, une pétition a recueilli plus de 200 000 signatures. Les eurodéputés croulaient sous les dizaines de milliers de courriels souvent pleins de haine. C’est vrai que dans une première mouture, certains points étaient litigieux, mais le texte a largement été expurgé. il faisait donc l’unanimité sauf qu’au dernier moment tous les députés français de droite qui siègent au Parti populaire européen, sauf trois (Jean Marie Cavada , Michèle Striffler et Arnaud Danjean), ont décidé de voter contre. Pour ce dernier, qui s’est abstenu, les députés de droite français n’ont semble-t-il pas voulu prendre le risque de faire le buzz à Paris. Décidément les élections ne sont pas loin.

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