Après les agressions de Cologne il y a un an, de nombreuses initiatives ont essaimé pour sensibiliser les réfugiés aux valeurs allemandes, notamment dans les rapports homme-femme.

Chaque société a ses propres règles, c’est ce que nous essayons de faire comprendre. Il y a une vraie demande chez ces jeunes réfugiés, qui veulent qu’on les oriente : comment cela fonctionne-t-il ici ? Comment rencontrer quelqu’un ? Qu’est ce qui est autorisé ou pas ?

Nous sommes à Berlin et vous venez d'entendre Andreas Ritter, qui s'occupe de l'association Pro-Familia à Berlin. Car en Allemagne, l’intégration des réfugiés passe aussi par la sensibilisation aux valeurs de la société allemande. Les autorités ont pris le sujet à bras-le-corps, avec plusieurs initiatives sur le thème d’éducation aux relations hommes-femmes comme nous l'explique à Berlin, Cyril Sauvageot.

Un guide de bonne conduite sous forme de bande dessinée. Le projet a vu le jour à Filingen, dans la Forêt Noire, une commune qui a accueilli à elle seule près de 3000 réfugiés. L’ouvrage (distribué depuis dans plusieurs régions d’Allemagne) se présente sous forme de pictogrammes sur plusieurs thémes : sexualité, religion, liberté d’expression. C’est l’auteur de bande dessinée Titus Ackermann qui a été sollicité pour signer les dessins.

La grande majorité des réfugiés à qui j’ai pu parler était très reconnaissants. Ils trouvent cela très bien qu’on leur explique clairement ce qu’on attend d’eux. La tendance très occidentale qui consiste à tout relativiser, à dire finalement « chacun ses goûts »… Ca ne marche pas avec eux, ils préfèrent connaitre les règles précises pour pouvoir s’y tenir, c’est comme une sécurité. Et je pense que plus nous communiquerons clairement sur nos valeurs, le mieux ce sera pour tout le monde !

Après le choc des agressions de Cologne la nuit du Nouvel An, il y a un an, plusieurs initiatives ont vu le jour en Allemagne pour tenter de sensibiliser les jeunes réfugiés aux rapports hommes-femmes. Il existe même désormais des cours, dispensés par l’association Pro-Familia dans les centres d’accueil. Andreas Ritter est socio-pédagogue à Berlin.

Ils ont tout à apprendre sur la façon dont fonctionne notre société sur ces sujets : à quel âge ont lieu les premiers rapports ? Comment flirter ? Où les rencontres ont-elles lieu ? Quelle proximité physique peut-on se permettre ou pas ? C’est tout cela que nous essayer d’aborder.

Comprendre la société allemande… Pour y trouver leur place. C’est aussi ce que disent les jeunes migrants dont s’occupe Ringo Stephan, un responsable associatif berlinois.

Les jeunes que je rencontre, ont souvent le sentiment d’être mal perçus, à cause de leur apparence, de leur couleur de peau. Ils disent que les filles allemandes se méfient d’eux. Déjà que la plupart d’entre eux ont du mal à s’exprimer en allemand… Qu’ils se sentent étrangers, et qu’ils découvrent un pays où les rapports humains sont plus froids, tout cela rend les choses difficiles.

Ces cours d’intégration existent déjà dans une centaine de structures en Allemagne. Les associations militent pour qu’ils soient généralisés dans tout le pays, au même titre que les cours d’allemand.

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