De plus en plus de migrants dans les rues de Paris : ils sont désormais près de 2 500 à dormir dans des campements sauvages. La situation est explosive, et une trentaine d’organisations ont lancé une pétition pour demander à l'État de leur offrir un accompagnement social et sanitaire.

Un campement de migrants à Paris, canal Saint-Denis
Un campement de migrants à Paris, canal Saint-Denis © Radio France / Yann Gallic

Début mai, deux migrants ont été retrouvés morts, noyés dans les canaux de la capitale. Les associations d'aide aux réfugiés redoutent d'autres drames et parlent désormais "d'urgence humanitaire absolue"

Dans le XIXème arrondissement de Paris, où notre reporter Yann Gallic s'est rendu, des centaines de tentes igloos s'entassent sous les ponts, le long du canal Saint-Denis (entre la porte d’Aubervilliers et celle de la Villette). Ce vaste campement aux portes de la capitale regroupe près de 1 500 migrants. Des hommes seuls mais aussi des femmes venus principalement de la Corne de l'Afrique. Ils vivent ici dans des conditions d'hygiène précaires? avec seulement quelques latrines et un point d'eau pour faire leur toilette. 

Originaire du Nigéria, Stevie est arrivé en France il y a trois semaines. Il a fait sa demande d'asile mais il ne s'attendait pas à un tel accueil : "C’est très difficile de dormir dehors, en plein soleil ou sous la pluie. Il n'y a pas de douche. Je suis vraiment désespéré, je ne pouvais pas imaginer que ce serait comme ça. Ça me rend dingue, j'espère qu'on fera quelque chose pour nous, je veux vraiment rester en France, je n'ai pas le choix."

Stevie évoque aussi l'insécurité qui règne dans le camps avec des bagarres régulières et de nombreuses agressions : "Il y a des bagarres en permanence, les gens se battent avec des armes et si on appelle la police, elle ne vient pas tout de suite. L'autre jour quelqu'un a poussé un homme dans l'eau : il ne savait pas nager. On a du le secourir. C'est dangereux ici !"

Face à cette situation de plus en plus préoccupante, la ville de Paris et le ministère de l'Intérieur se renvoient la balle. L'État doit absolument mettre les migrants à l'abri, explique Pierre Henry, le directeur général de l'association France Terre d'asile : "Ça fait maintenant près de 10 semaines que des gens vivent entassés et dans ces conditions il ne peut se passer que des drames. Il y a déjà eu des morts par noyade. La situation est d'une telle urgence, que y compris les travailleurs humanitaire ont de plus en plus de difficultés à intervenir sur ce ce lieu. Et ça se passe en plein coeur de Paris. C’est impensable ! C'est une situation que nous n’avons jamais vécu."

Le campement du canal Saint-Denis devrait être évacué cette semaine. Plusieurs gymnases et bâtiments de la région parisienne ont déjà été réquisitionnés pour accueillir tous ces migrants.

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