"Plus sans ascenseurs" : un collectif d'habitants, formé en Seine-Saint-Denis, lance ce vendredi son association. Depuis 2016, il lutte contre les pannes d'ascenseurs, essentiellement dans les quartiers populaires et veut faire reconnaître un droit à la mobilité verticale.

Dans la tour HLM de la rue du Landy à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis
Dans la tour HLM de la rue du Landy à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis © Radio France / Rémi Brancato

"Plus sans ascenseurs" : c'est le nom d'un collectif d'habitants, formé en Seine-Saint-Denis en 2016, et qui a pris de l'ampleur. Il lance officiellement ce vendredi son association et son fonds de dotation pour lutter contre les pannes d'ascenseurs. Le phénomène pourrit la vie de nombreux habitants, surtout dans les quartiers populaires et depuis 2016, l'association est intervenue sur 150 cas de ce type.

"J'habite ici, dans la tour de l'angoisse" sourit Vincent, habitant d'une tour HLM de 18 étages, à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. "Vous voyez, il n'y en a qu'un qui fonctionne sur les deux. Ce week-end, les deux étaient en panne" soupire-t-il devant les deux ascenseurs de son immeuble. "Moi je suis au 8e mais les gens qui habitent plus haut ne sortent plus de chez eux" regrette-t-il.

Un soutien juridique aux habitants bloqués par les pannes

Vincent marche avec des béquilles depuis un accident, le 25 mai 2014, dans l'ascenseur de sa tour, justement. "La cabine s'est décrochée et on s'est écrasé : j'étais dans la restauration, serveur, je ne peux plus travailler" décrit le quinquagénaire. En bientôt cinq ans de procédure, il n'a pas obtenu un centime. Alors ce mercredi, il reçoit donc le soutien d'un avocat, Charles Morel, mandaté par le collectif "Plus sans ascenseurs" pour lui venir en aide et tenter d'obtenir des indemnités.

L'ascenseur est le premier moyen de transport en France avec 100 millions de trajets par jour

Depuis plusieurs mois, l'avocat travaille avec ce qui est désormais une association, essentiellement sur des cas de pannes, pour "faire en sorte que les habitants soient conscients de leur droit, pour que les gens ne soient plus enfermés dans leur fatalité et enfermés chez eux".

La tour de la rue du Landy à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis
La tour de la rue du Landy à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis © Radio France / Rémi Brancato

"L'ascenseur est le premier moyen de transport en France avec 100 millions de trajets par jour" avance Fouad Ben Ahmed, militant associatif, à l'origine de l'association. Il prend conscience du problème des pannes d'ascenseur en 2016, quand il découvre la situation d'une habitante de Bobigny, en fauteuil roulant, restée bloquée chez elle pendant 45 jours. En deux ans et demi, le collectif a été saisi de 150 cas similaires en Île-de-France et reçoit désormais des appels de toute la France.

Une proposition d'amendement à la loi mobilité

L'association tente aussi de faire bouger les institutions : deux offices HLM, Emmaüs Habitat et Seine-Saint-Denis Habitat, ont accepté d'expérimenter un système de "monte-personne" en cas de panne. L'association est aussi à l'origine d'un amendement à la loi mobilité, examiné en ce moment par le Sénat. Un amendement qui défend un droit à la "mobilité verticale".

"Quand la SNCF n'a pas de train, ils mettent à disposition des cars. La loi qu'on essaie de faire passer imposerait de mettre une clause sanitaire dans les marchés publics destinés aux ascensoristes" explique Fouad Ben Ahmed. 

Ce vendredi soir, l'association lancera sa démarche nationale "plus sans ascenseurs" ainsi que son fonds de dotation pour financer l'aide juridique apportée aux habitants.

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