Près de Saumur, un consortium d'entreprises teste l'installation d'un "data center" dans une champignonnière, à 20 mètres sous le niveau du sol. Écologique et économique.

Deep Data, quand vos données s'enterrent
Deep Data, quand vos données s'enterrent © Radio France / Hélène Chevallier

Ce centre de données informatiques est situé dans une ancienne carrière de pierre et ce n'est pas un hasard. L'exploitation du tuffeau (une forme de craie sableuse) pendant des siècles a formé plusieurs milliers de kilomètres de couloirs sous terre. Longtemps utilisés pour faire pousser des champignons, la plupart sont aujourd'hui à l'abandon mais pourraient avec l'explosion du numérique se trouver une nouvelle utilité.

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Pour accéder à ce Deep Data, mieux vaut être bien équipé. Lampes torches, gilets fluorescents, et un parcours entièrement dans le noir.

Des kilomètres de galeries sous terre, parfaites pour installer un data center
Des kilomètres de galeries sous terre, parfaites pour installer un data center © Radio France / Hélène Chevallier

Au bout d'un large couloir creusé dans le tuffeau, une lumière bleue : celle du data center, protégé de l'humidité par un container étanche. Nicolas Aubé, président de l'entreprise Céleste, fait l'inventaire : "Là, on a quatre baies informatiques, qui représentent 160 serveurs, 160 ordinateurs. Soit 3000 teraoctets de données..." À titre indicatif, un teraoctet représente plus de 200 DVD, ou plus de 8000 heures de musique.

Des ordinateurs qui chauffent énormément et qui ont besoin d'être refroidis constamment. Ça tombe bien, ici il fait 12 degrés. C'est sur ce point que Deep Data fait la différence. "Habituellement, un système de climatisation demande des compresseurs, et beaucoup d'énergie électrique", explique Laurent Trescartes, co-fondateur de l'entreprise Critical Building. "Ici, aucun compresseur : simplement un immense tuyau qui tourne sur plusieurs kilomètres, dans lequel on fait circuler de l'eau qui se refroidit très doucement et très progressivement et qui rafraîchit ensuite le data center."

On est grosso modo sur les mêmes performances que les grandes entreprises mondiales, Facebook Apple, Google, sans avoir à injecter des centaines de millions de dollars.

Paul Jeanneteau, vice-président du Conseil Régional, qui participe au projet, y voit un double avantage : "Une galerie souterraine c'est comme une maison. Quand elle n'est pas utilisée, les choses se dégradent : à terme, ça peut être des risques d'affaissement, d'éboulement... Le fait qu'elles soient utilisées permet évidemment de les maintenir dans un état correct et de recréer de l'activité, qui va générer à terme des emplois."

Au-delà des économies d'énergie et de coût, la situation, sous terre, du data center offre une sécurité supplémentaire pour les entreprises aux données les plus sensibles. Le projet devrait passer à la phase de commercialisation au printemps prochain.

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