Rien de tel qu'un bain dans un lac pour se rafraîchir. Mais attention à ne pas boire la tasse. En Suisse, des chercheurs ont voulu savoir à quel point les plastiques ont pollué le lac Léman. Verdict : au moins 14 millions de particules de plastiques de moins de 20 cm flottent sur le plus grand lac d'Europe.

Malgré les apparences, le lac Léman est presque aussi pollué, en proportion, que la mer Méditerrannée
Malgré les apparences, le lac Léman est presque aussi pollué, en proportion, que la mer Méditerrannée © Radio France / Jérémie Lanche

Neuf heures du matin. A l'heure où la plupart des Genevois se rendent à leur bureau, Pascal Hagmann prend lui la direction du port. Pas question de faire de la plaisance, il s'agit bien de travail. Le directeur de l'association Oceaneye embarque avec son matériel pour une courte sortie à bord d'un modeste voilier. Objectif : récupérer des échantillons de débris plastiques en suspension sur le Léman pour mieux comprendre l'ampleur de la pollution. "Il n'y a pas de norme pour dire qu'à telle valeur, l'eau est trop polluée, explique Pascal Hagmann. En termes de pollution plastique, on ne sait pas ce que c'est un lac propre"

Ce passionné, ingénieur en mécanique des fluides de formation, l'admet : impossible de dire si le lac Léman est propre ou non. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il y a 129 grammes de plastique par kilomètres carré à la surface. Un chiffre comparable à la pollution constatée en Méditerranée.

Résidus de textiles 

Les débris sont récoltés à l'aide d'un filet en forme de raie manta, spécialement conçu. Après une demi heure à naviguer, l'échantillon est prêt. Gaël Potter, le responsable scientifique de l'association, tire le filet hors de l'eau. "On voit des petits bouts de plastiques, des grands. Là il y a un cellophane, là un emballage presque entier. C'est un échantillon plutôt chargé".

L'un des échantillons de plastique collectés sur le lac Léman
L'un des échantillons de plastique collectés sur le lac Léman © Radio France / Jérémie Lanche

L'origine des débris récoltés n'est connue que pour 20% d'entre eux. Mais on sait que beaucoup de résidus de textiles synthétiques sont amenés par les eaux usées. Voire même par le Rhône, situé en amont et en aval du Léman. Car tout se tient : la pollution plastique des fleuves et des lacs de montagne se retrouvera un jour ou l'autre dans la mer. "On retrouve les mêmes particules de plastique dans des concentrations équivalentes dans le Rhône. On peut imaginer que ce sont des dizaines de tonnes qui sont évacuées chaque année du Léman vers la Méditerranée", estime Gaël Potter.

Si les conséquences dramatiques de la pollution plastique pour la faune sous-marine sont relativement bien connues, peu d'études existent pour les lacs. Oceaneye va continuer ses relevés pendant tout l'été pour dresser la cartographie la plus complète jamais réalisée de la pollution plastique du Léman.

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