Arnaldo Santos
Arnaldo Santos © Radio France / Elodie Touchard

REPORTAGE - C'est l'un des championnats amateurs les plus importants au monde : l'événement s'appelle le "Peladão", et c'est à Manaus en Amazonie qu'il est organisé tous les ans.

Un casque vissé sur les oreilles, micro en main, Arnaldo Santos, totalement exalté, commente un match local dans le stade flambant neuf de Manaus. Journaliste sportif bien connu dans la région, Arnaldo est aussi le coordinateur du "Peladão crée il y a 40 ans :

Déjà, le foot, c’est dans le sang des Brésiliens ! Ici, on naît avec un ballon au pied, c’est de cette passion qu’est né le Peladão. Aujourd’hui, c’est une rencontre avec plus de 1 135 equipes, exclusivement de l’État de l’Amazonas, 26 000 athlètes, 2 560 matches, 60 terrains, 22 villes, éparpillées dans toute cette région verte qu’est l’Amazonie. L’Etat tout entier vit à l’heure du Peladão. C’est toutes ces raisons qui en font l’une des plus grandes compétitions de foot amateur qui existe au monde.

Cet amour du peuple amazonien pour le foot et le Peladão ont même été un argument utilisé par la ville au moment de sa candidature pour accueillir le Mondial comme l’explique Leanderson Lima, journaliste sportif du quotidien "A Critica" :

Il y a une question qui depuis le début a accompagné le choix de Manaus comme ville-hôte. Parce que notre football professionnel ici n’est vraiment pas fort, malheureusement. On a des clubs mais ils ne dépassent pas la quatrième division du championnat brésilien. En fait, c’est là qu’on a sorti la carte du Peladão pour dire : regardez, certes, notre foot professionnel est à la peine, mais le Peladão montre à quel point le peuple de l’Amazonas est fou de football. Et ça, c’est un fait !

Mais le Peladão n’est pas qu’une histoire de foot. Arnaldo le coordinateur enthousiaste au grand cœur a aussi crée le "Peladão des Indiens", qui les aide à mieux défendre leurs intérêts. Également, le "petit Peladão", réservé aux adolescents, qui n’ont le droit de jouer que s’ils continuent l’école, certificat scolaire à l’appui. Le "Peladão Vert" a permis de replanter près de 4 000 arbres et le "Peladão Rouge" encourage le don de sang. On va sauver des vies, explique les yeux brillants Arnaldo. Le foot dit-il n’est finalement qu’un prétexte. "Le ballon nous sert à construire une société meilleure, à lutter pour notre idéal."

►►► À RÉÉCOUTER | Mondial de foot et tourisme sexuel

►►► À RÉÉCOUTER | Les Barra-Brava, les hooligans d'Amérique du Sud

►►►À RÉÉCOUTER | Brasilia, le stade le plus cher et le plus vert

Le stade de Manaus
Le stade de Manaus © Radio France / Elodie Touchard
L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.