Comment les jeunes s'approprient l'Intelligence artificielle, la connaissent-ils, la comprennent-ils lui font-ils confiance ou s'en méfient ils ? L'Intelligence artificielle (IA) est un domaine de réflexion de la future loi de bioéthique, même si elle est passée un peu inaperçue derrière des questions comme la PMA.

À Marseille, 200 lycéens, encadrés par leurs profs de philo et de SVT, ont planché sur la santé numérique, avant de présenter leurs réflexions devant le CCNE.
À Marseille, 200 lycéens, encadrés par leurs profs de philo et de SVT, ont planché sur la santé numérique, avant de présenter leurs réflexions devant le CCNE. © Radio France / Danielle Messager

Le comité consultatif national d'éthique (CCNE) souhaite donner la parole aux jeunes et organise ce mercredi le Forum Bioéthique des lycées. 200 lycéens, encadrés par leurs profs de philo et de SVT, ont planché sur la santé numérique, ils ont lus, reçus des chercheurs, avant de présenter leurs réflexions aujourd'hui devant le CCNE.

France Inter a assisté à la dernière répétions de ces lycées en classe prépa du lycée Thiers de Marseille.

Ils s'appellent Ryan, Nordine, Meriem, Lauriane, depuis des mois ils ont consulté des chercheurs, avalé des pages de documentation aujourd'hui, l'intelligence artificielle, L'IA, ça leur parle 

En gros c'est une science dont le but c'est de faire faire aux machines ce que l'homme accomplit avec son intelligence.

Exemple en santé : l'intelligence artificielle va-t-elle faire faire un bond à la pratique, au diagnostic... "En cardiologie, j'ai un exemple, cet algorithme pioche dans 600 000 compte rendus de cardiogrammes  annotés par des médecins spécialistes. Quand on présente un nouvel électrocardiogramme, il va se référer à cette grande base de données et aider à savoir si l'électro est anormal ou pas." Explique l'un.

"Les incisions faites par les robots chirurgiens sont beaucoup plus petites, la cicatrisation sera donc plus rapide" reconnait l'autre.

Leur prof de philo Marc Osmini les a préparés pendant cette année, il les aide à prendre du recul : "Il faut recontextualiser tout ça. Pourquoi certains auraient intérêt à nous faire miroiter des choses qui sont peut être totalement imaginaires". La question qui revient souvent c'est : est-ce qu'elle va remplacer l'humain parce qu'elle en a presque les capacités ?"

Mais malgré leur âge, ils sont loin d'être totalement happés par les perspectives de l'intelligence artificielle : "On s'est rendus compte de la face de l'IA qui n'était pas aussi extraordinaire que ça, c'est un algorithme assez limité qui est loin de nous dépasser en fait." 

"L'idée que l'IA soit des mesurée et qu'on puisse plus la contrôler, je pense un peu de la science-fiction."

"Je ne crois pas les avoir orientés vers cette méfiance, précise leur prof. Après je crois que ce dont  ils ont peut-être pris conscience par rapport à ce travail, c'est que l'intelligence humaine elle n'est pas réductible à des algorithmes ou à des taches. Qu'être intelligent ce n'est pas seulement être capable de faire très bien un certain nombre de tâches, mais c'est peut-être s'interroger sur le sens de son existence."

Ce travail a incontestablement développé le sens critique de ces élèves confrontés aux nouvelles technologies à propos desquelles ils devront sans cesse s'interroger. Ils ont apprivoisé la démarche éthique.

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