L'orang-outan de Bornéo est menacé d'extinction, victime de la déforestation et de la chasse Sur la partie malaisienne de l'île, un programme de conservation inédit tente de faire cohabiter les plantations d'huile de palme et le grand singe.

La réserve de Kinabatangan dans l'Etat de Sabah abrite 700 orangs-outans
La réserve de Kinabatangan dans l'Etat de Sabah abrite 700 orangs-outans © Alain Rival, Cirad

Dans l'Etat de Sabah l'une des régions au monde ou l'on déforeste le plus en ce moment, la forêt le long du fleuve Kinabatangan abrite encore une importante population d'orangs-outans sauvages.

C'est là que Marc Ancrenaz a co-fondé Hutan, une association de sauvegarde de l'orang-outan. Ce vétérinaire français s'est installé il y a plus de vingt ans à Bornéo où l'espèce est en danger critique d'extinction : "On estime qu'on a perdu jusqu'à 100 000 animaux ces 15 dernières  années. Il reste environ 80 000. Donc la situation, si elle est grave n'est pas catastrophique".

Les orangs-outans (en malais "hommes des bois) sont victimes de la déforestation - Bornéo a perdu 40 % de sa forêt depuis les années 70. En cause, l'exploitation du bois et de la culture de l'hévéa pour le caoutchouc. Depuis les années 90, la culture du palmier à huile a pris le relais. Les plantations s'étalent à perte de vue. Aujourd'hui l'État de Sabah fournit à lui-seul 12 % de la production mondiale. 

Houcine employé de l'ONG Hutan depuis 10 ans explique aussi que les primates sont victimes de la chasse : "avant les communautés locales les chassaient, mais par pour les manger comme ailleurs. On les considérait comme nuisibles dans les plantations et les vergers". Aujourd'hui à Sabah, l'orang-outan vit dans des îlots de forêt dégradée entouré par un océan de palmiers à huile. Mais il peut s'adapter "la preuve à Sabah sa population s'est stabilisé" estime Marc Ancrenaz.

Aménager des corridors pour permettre à la faune sauvage de circuler

Mais pour l'aider il faut relier les poches de forêts isolées entre elles pour former une sorte de corridor. L'ONG a réussi à convaincre une première plantation à coopérer. Le géant Genting qui possède 14 plantations dans l'État de Sabah a cédé une cinquantaine d'hectares à l'association. Celle-ci a également racheté des terrains à des paysans. Résultat : un premier corridor vient d'être aménagé. Il est complété par un programme local de reboisement qui permet de donner un revenu aux femmes des villages alentours. 

Ce corridor permettra aux orangs-outans mais aussi aux éléphants et aux autres espèces moins emblématiques mais vitales pour la biodiversité, de se déplacer d'un bout à l'autre de la plantation le long du fleuve Kinabatangan. 

Mais l'orang-outan n'est pas sorti d'affaire sur la côté Est de l'île de Bornéo. Si la déforestation et la chasse continuent, la moitié de la population  pourrait disparaître d'ici 20 ans.

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