Alors que le plan "grand froid" est activé en Île-de-France, la "cité des dames" accueille des femmes sans-abri, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 depuis début décembre, à Paris. Un lieu unique dans la capitale, qui manque de structures dédiées aux femmes.

Dans la salle d'accueil de la cité des dames, à Paris, mardi 22 janvier
Dans la salle d'accueil de la cité des dames, à Paris, mardi 22 janvier © Radio France / Rémi Brancato

Les femmes sans-abri seules ont désormais un nouveau lieu d'accueil. La "cité des dames" a ouvert ses portes le 1er décembre, dans le XIIIe arrondissement de Paris, à toutes les femmes seules, sans conditions. Ce lieu, inédit dans la capitale, accueille 50 femmes, nuits et jours, et leur offre plat chaud, boisson, douche, repos et accompagnement social et sanitaire. 200 ont déjà franchi ses portes en deux mois et il affiche aujourd'hui complet.

Le projet est le fruit d'une collaboration entre l'Armée du Salut, qui héberge la structure dans sa "cité du refuge" et l’Association pour le développement de la santé des femmes (ADSF). 

Pas d'hommes, "cela me rassure"

"La volonté de la non-mixité, c'est qu'elles puissent sans problème d'intimité traverser ce lieu de repos, être un peu dévêtues, c'est bien pensé" détaille ainsi Nadège Passereau, déléguée générale de l'ADSF. Odile raconte ainsi : 

Il n'y a pas de menaces ici, on est toutes des femmes, il n'y a pas d'hommes, cela me rassure

Elle dit aussi avoir eu "peur de la police, peur des gens" pendant le mois qu'elle a passé à la rue. "Je n'ai pas demandé d'aide" raconte pour sa part Maséguéla, qui vivait dans le métro, "je n'avais personne, c'est ici que j'ai eu une famille".

Le lieu est divisé en deux espaces : d'un côté l'accueil, qui permet aux femmes de manger, boire, se reposer, charger leurs téléphones, faire une lessive, prendre une douche et de l'autre, l'espace repos, avec 25 lits couchettes. 

Un accompagnement social pour les femmes "invisibles"

Dans ses murs aussi, des travailleurs sociaux, des psychologues et des sages-femmes. Objectif : débuter une prise en charge pour des femmes qui n'ont bien souvent jamais consulté, malgré les maladies et les violences subies.

Christophe Piedra, le directeur de la cité du refuge, gérée par l'Armée du Salut, entend ainsi "rendre visibles ces femmes qui échappent un peu au radar des travailleurs sociaux". Avec également des maraudes pour les identifier et les inviter à rejoindre la cité des dames, le lieu espère amener ces femmes à des situations plus stables. La cité du refuge réserve ainsi six "lits passerelles" à des femmes qui peuvent être rapidement insérées vers des dispositifs plus durables. 

Un appel aux dons et aux bénévoles

Mais malgré deux campagnes de financement participatif, il manque encore des fonds pour boucler le budget, financé à 60% par l'État, à 30% par la ville de Paris et à 10% par des participations privées. L'ADSF et l'Armée du Salut appellent donc aux dons. La structure recherche aussi des bénévoles pour renforcer l'équipe afin d'assurer les permanences d'accueil, nuit et jour et les week-ends. 

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