C'est un incontournable des vacances : la carte postale. Celle que l'on reçoit ou que l'on envoie à ses proches. Chaque année, il s'en vend 200 millions en France. C'est quatre fois moins qu'au début du XXe siècle. Mais sur les dernières années, le marché fait de la résistance malgré l'apparition des réseaux sociaux.

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Image d'illustration © CHROMORANGE / Bilderbox

"Cher papy, chère mamie, nous sommes bien arrivées à Paris." La carte postale pour les grands-parents est un rituel pour Coline et Justine, les deux copines provençales. Pour fêter les 20 ans de l'une des deux, elles s'offrent un week-end dans la capitale et ne dérogent pas à la règle. "C'est une habitude, raconte Coline. Et puis quand on va les voir, on retrouve les cartes postales envoyées à chacun de nos voyages. C'est bien, je trouve. Ça nous fait un souvenir aussi, on sait que cette carte-là, on l'a envoyée depuis Paris et ça nous rappelle les moments passés ici."

Selon Mathilde, une Parisienne, c'est surtout bien mieux que d'envoyer des photos par message à ses proches. "Ma nièce a à peine un an et demi et depuis qu'elle est née, je lui envoie une carte qui lui est adressée. Peut-être qu'un jour elle les lira et qu'elle ira dans les endroits où je suis allée." La carte postale est alors le témoin d'un passage dans une ville, une région, un pays. Steve, un Américain en vacances à Paris; vient de trouver la carte parfaite pour son frère. "Il y en a une, qui a attiré mon attention. Celle d'un chat près de la Tour Eiffel. Elle est vraiment belle." 

Les fabricants se renouvellent

C'est la seule qu'il postera  Pour le reste, il informera ses proches en postant des photos sur les réseaux sociaux, Instagram et Facebook en tête. Ce qui fait du tort à tout un marché. Chaque année, il se vend 200 millions de cartes postales en France. C'est quatre fois moins qu'au début du XXe siècle. 

Les fabricants s'adaptent, à l'image des Editions Leconte, pour qui la carte postale ne représente plus que 10% du chiffres d'affaires, contre la moitié il y a encore 10 ans. "On se renouvelle avec les images d'archives, explique Xavière Leconte, directrice générale des Editions Leconte. On a recolorisé à la manière des chromos d'autrefois et ça a super bien marché. Les gens ont adoré retrouver le Paris d'autrefois, des années 20, 30 ou 40. On a aussi développé toute une gamme de cartes postales sur le modèle du polaroid, il y a cinq ans. Ça se vend très bien dans les aéroports."

Un marché en regain de forme

Le résultat est bénéfique. Depuis deux ans, la société s'est stabilisée et même mieux puisqu'elle a repassé la barre du million de vents annuelles. Ce regain d'intérêt que Bertrand Bouvet constate aussi. Pour le président de l'union professionnelle de la carte postale (UPCP), la pratique ne pourra jamais complètement disparaître. "Qu'est ce que deviendront les SMS, les mails et toutes ces photos postées sur les réseaux sociaux dans 10 ou 20 ans ? Tout ça va se noyer dans la masse. Alors que la carte postale, elle, reste. C'est un souvenir personnel." 

Et puis, tant qu'il y aura des Allemands ou des Anglais en vacances en France, il n'y a pas de souci à se faire. Ils achètent entre 25 et 30 cartes postales par an et par personne.

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