Le stade de Curitiba, au sud du Brésil, est toujours en travaux
Le stade de Curitiba, au sud du Brésil, est toujours en travaux © Maxppp / Hedeson Alves

Avant les matchs de football, ce sont les retards qui marquent ce Mondial à venir. Retard dans les travaux d'infrastructures, dans la construction des stades... Une situation qui fait honte à de nombreux Brésiliens, y compris au roi Pelé lui-même ! La légende du football local s'est indigné de cette situation. Le pays a pourtant eu sept ans pour se préparer... Mais le problème concerne la totalité des 12 villes-hôtes et plus encore Curitiba, au sud du pays. Généralement citée comme ville moderne modèle du Brésil, elle est devenue le vilain petit canard du Mondial…Sur la route qui mène de l’aéroport au centre de Curitiba, les pelleteuses s’activent, et la ville espère encore livrer à temps neuf des onze gros travaux promis pour le Mondial. Mais il reste du travail, et peu de patience chez les habitants. "Où que vous alliez dans Curitiba, vous tombez sur des travaux en retard !", enrage Michel.

Des routes à refaire, des trottoirs, la signalisation, l’illumination, il y a de tout, partout, c’est un festival ! L’extension de l’aéroport ? Elle n’est pas prête. Le métro qu’on nous avait promis ? Il est encore dans les tiroirs ! Les améliorations des bus ? Rien n’a été fait ! La facture, elle, est arrivée, mais les bénéfices que devait apporter la Coupe à la population, on les attend encore !

Même si les retards concernent l’ensemble des villes hôtes, c’est ici, à Curitiba que la situation est la plus critique. Étiquetée ville la plus en retard, Curitiba a même failli être exclue du Mondial en janvier dernier. Mais au niveau national, ce n'est pas vraiment mieux.

La planification, pas dans la culture brésilienne

Avec ses trois niveaux de compétences (fédéral, étatique, municipal), le Brésil est l’une des bureaucraties les plus lourdes au monde. Tous ces retards viennent aussi d’une culture défaillante de planification selon Paulo Chiesa, architecte-urbaniste : En Europe, aux Etats Unis, et au Japon, cela prend parfois deux ans pour élaborer, planifier, en détails, les projets. Ici, c’est tout l’inverse : vous montez un projet très vite, de façon incomplète, et du coup, la réalisation est plus longue."

Conséquence: les coûts des travaux ont bondi : + 35% pour la mobilité urbaine, + 75% pour le stade. Ç’en est trop pour la population de Curitiba : pour la première fois, dans un récent sondage, une majorité s’est dite contre le mondial.

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