L'Afrique du Sud s'est émue il y a peu du meurtre barbare de la jeune Karabo Mokoena, 22 ans. Ce drame fait écho aux violences que subissent les Sud-Africaines.

Aux obsèques de la jeune Karabo Mokoena, assassinée vraisemblablement par son petit ami, qui est actuellement jugé pour meurtre
Aux obsèques de la jeune Karabo Mokoena, assassinée vraisemblablement par son petit ami, qui est actuellement jugé pour meurtre © AFP / DAYLIN PAUL

Je suis une victime, ou plutôt une survivante d'une tentative de viol. Beaucoup de ces affaires ne sont jamais dénoncées... C'est le cas pour moi, j'ai essayé de porter plainte mais faute de soutien, j'ai finalement dû abandonner.

Nous sommes à Johannesbourg et la femme que vous venez d'entendre s'appelle Sipho, une jeune sud-africaine, rencontrée lors d'une marche contre les violences faites aux femmes. L'Afrique du Sud est en émoi, après la mort de la jeune Karabo Mokoena, assassinée vraisemblablement par son petit ami, qui est actuellement jugé pour meurtre. Ce nouveau drame a soulevé un très vif débat en Afrique du Sud, particulièrement sur les réseaux sociaux, où le hashtag #MenAreTrash (« les hommes sont des ordures ») réunit les témoignages de femmes victimes de violences. Reportage Liza Fabbian à Johannesburg

Les funérailles de la jeune Karabo Mokoena se sont transformées en hommage national. La dépouille calcinée de la jeune femme de 22 ans a été retrouvée le 29 avril sur un terrain vague. C'est son petite ami, âgé de 27 ans, qui l'aurait assassinée après une énième dispute. Siyavuya était une amie de la jeune victime :

J'ai été moi même dans une relation abusive et c'est Karabo qui m'a encouragée à partir, même si c'était dur. Ça me fait mal de voir qu'elle n'a pas réussi à suivre ses propres conseils et à partir.

Les statistiques sur le sujets sont rares en Afrique du Sud mais le conseil sur la recherche médicale estime que 40% des hommes brutalisent leur partenaire au quotidien. Des violences domestiques qui tuent trois femmes par jour dans le pays.

Le week-end dernier, une marche était organisée à Pretoria, pour dénoncer les violences faites aux femmes. Amanda porte sur la tête un turban rouge et tient par la main son petit ami :

Je ne me sens même plus en sécurité avec mon petit ami. Mes amies ont sa plaque d'immatriculation et elles savent tout de lui.... On ne sait jamais où il pourrait jeter mon corps, donc clairement, je note tout.

Les hommes sont appelés à sortir de leur silence et à agir pour que de tels drames ne se produisent plus. Andrew est venu manifester avec son équipe de foot :

Nous avons réalisé que nous les hommes, nous sommes le problème. Donc nous devons, non seulement prendre nos responsabilités, mais aussi être à l'origine d'un changement dans la société, pour mettre un terme aux injustices que les femmes vivent chaque jour.

Zana espère que les hommes présents lors de cette marche, prendront réellement leur responsabilités :

Nous sommes en colère. Pendant trop longtemps, on nous a dit de nous taire, de nous comporter correctement, d'être respectueuses, de prier pour notre avenir. Nous sommes en colère, nos sœurs meurent partout, personne n'est en sécurité.En Afrique du Sud, on considère souvent que les hommes sont des leaders. Ils doivent donner l'exemple, et éduquer les plus jeunes.

La semaine dernière, le Président Jacob Zuma a évoqué une véritable « crise » dans le pays. Il a évoqué un possible ajustement de la législation, pour punir plus sévèrement les coupables de violences contre les femmes et les enfants.

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