Samedi le Pape François s’envolera pour l’Irlande. Officiellement, le pape vient clore à Dublin la Rencontre mondiale des familles, un rendez-vous organisé tous les trois ans. Dans les faits, c’est la thématique des abus sexuels dans l’Eglise qui sera placée au centre de cette visite papale.

Des victimes d'abus sexuels posent avec des photos de membres du clergé lors d'une conférence de presse le 7 juin 2018 à Genève.
Des victimes d'abus sexuels posent avec des photos de membres du clergé lors d'une conférence de presse le 7 juin 2018 à Genève. © AFP / Fabrice COFFRINI

Lundi, dans une lettre aux catholiques du monde entier, le Pape François a reconnu que l’Église n’avait pas su protéger les enfants et condamner les agresseurs. Cette Lettre marque une avancée, mais les victimes d’abus sexuels, à travers le monde entier, attendent bien davantage du pape argentin. 

Francesco Zanardi, victime dans sa jeunesse d’un prêtre pédophile, n’épargne pas le Pape François. Pour lui, le mea culpa exprimé par le chef de Église catholique dans sa Lettre au Peuple de Dieu ne vaut rien. À moins qu’il soit suivi des faits. Dans son cas, son agresseur a continué à exercer plus de dix ans avant que la lumière soit faite sur ses agissements. Les signalements faits en interne n’ont pas été entendus regrette Francesco Zanardi. Il aujourd’hui à la tête d’une association de victimes : la Rete l’Abuso : "Le Pape aurait des instruments pour mettre fin à la pédophilie dans le clergé. Il suffirait qu’au lieu d’écrire des lettres et de demander des excuses, il impose aux évêques de dénoncer ces crimes aux autorités judiciaires dans tous les pays."

Le Pape François est de plus en plus critiqué pour son inaction

Le tribunal pour juger les évêques négligents -ceux qui ont couvert des prêtres pédophiles- n’a par exemple jamais vu le jour alors que cette réforme était demandée par tant de victimes dont Marie Collins, cette Irlandaise qui a claqué la porte de la Commission de Protection des Mineurs du Vatican : "Cette structure aurait permis d’établir la responsabilité des évêques. Il y aurait eu des sanctions pour toutes les personnes qui n’ont pas protégé les enfants. mais la Curie n’a jamais mis en place ce tribunal. Le Pape qui dans un premier temps avait donné son feu vert pour cette structure a finalement renoncé."

Marie Colins qui attend de pied ferme le Pape François chez elle à Dublin. Et surtout des actes concrets pour stopper les abus et les réflexes qui au sein de l’Eglise ont permis de les couvrir : "Jusqu’ici nous n’avons que des excuses. Aujourd’hui avec la crise qui secoue le monde entier le Pape doit faire quelque chose pour dissuader ses évêques et les responsables de l’Eglise de protéger les agresseurs. Il doit affronter la question avec plus de force."

Le Pape rencontrera des victimes de prêtres pédophiles en Irlande comme il le fait depuis quelques mois. Il préparerait, selon un blog bien informé sur ses intentions, un document détaillant les procédures contre les évêques négligents. 

En attendant une réponse efficace à leurs yeux, des victimes organisent ce week-end des rassemblements en Irlande, boycottant de ce fait,  les événements plus officiels auquel participera le Pape François.  

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