Retour ce matin sur le débat de la semaine, avec cette déclaration du député conservateur espagnol Luis Peral Guerra à propos du droit à l’avortement vendredi dernier sur France Inter (à 8h15 dans une ITW réalisée par Matthieu de Taillac):

Le sénateur du Parti populaire affirmait donc que le Parlement européen a voté contre le droit à l’avortement. Vrai ou faux ?

Ce n’est pas tout à fait vrai. En fait, les députés européens n’ont pas voté explicitement contre ce rapport Estrella, du nom d’une eurodéputée socialiste portugaise.

Infographie avortement
Infographie avortement © IDE

Ce rapport réclamait pour les femmes un accès généralisé à la contraception et à des services d’avortements sûrs, partout en Europe. Il était non contraignant, autrement dit il ne s’agissait que de donner l’avis du Parlement européen sur le sujet.

Mais il n’a pas passé la rampe. Le 10 décembre, c’est une autre résolution qui a été adoptée, très courte (8 lignes !) dans laquelle les eurodéputés le disent : les politiques relative à la santé sexuelle et à l’éducation sexuelle sont du seul ressort des Etats membres et donc pas de l’Union européenne. Cette contre résolution a été adoptée de justesse, avec 7 voix d’écart et 35 abstentions.

Selon Luis Peral Guerra, ce vote à Strasbourg reflèterait l’esprit du débat au niveau européen. Vrai ou faux ?

Alors c’est faux si l’on tient compte de l’état du droit en Europe, car la majorité des 28 Etats de l’Union ont légalisé le droit à l’avortement.

A ce jour, seul Malte l’interdit totalement. La Pologne et l’Irlande autorisent l’avortement, mais dans des restrictions très strictes. Depuis juillet dernier, l’Irlande l’autorise uniquement si la vie de la mère est en danger.

Ce qui est vrai en revanche, c’est que le débat ressurgit dans plusieurs pays européens (et pas seulement en France).

Pour Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Planning familial, le climat n’est pas très bon en Europe pour les droits sexuels. Avec la crise, elle constate un retour de l’ordre moral dans plusieurs pays :

Outre l’Espagne, qui pourrait bientôt limiter le droit à l’avortement, les Suisses devront se prononcer lors d’une votation citoyenne, le 9 février, sur un déremboursement des IVG.

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