Le Pape est arrivé hier soir au Panama où se déroulent les Journées mondiales de la Jeunesse. Une édition axée sur les différentes crises migratoires qui déchirent le continent américain.

Dans la foule des JMJ, Saul avec ses amis du Nicaragua, (deuxième en partant de la gauche), forcé de vivre désormais au Panama
Dans la foule des JMJ, Saul avec ses amis du Nicaragua, (deuxième en partant de la gauche), forcé de vivre désormais au Panama © Radio France / Mathilde Imberty

Alors que l’année 2018 a été marquée par des flux migratoires sans précédent sur le continent, le Panama voit affluer de très nombreux Vénézueliens, entre autres, qui fuient le marasme. Le Pape François fera de la crise migratoire un thème majeur de ces JMJ. Les jeunes étrangers du Panama comptent sur lui.

Saul ne quitte jamais le drapeau du Nicaragua, il le serre fort contre lui dans la foule des JMJ. L’événement l’effet de groupe le rendent soudaint plus fort. A 18 ans tout juste, il vit seul au Panama, contraint de fuir son pays suite aux protestations étudiantes :

Je me suis engagé dans les manifestations de ma ville, ils ont capturé certains compagnons de lutte, on ne sait pas ce qu’ils sont devenus… J’ai fui pour une question de survie.

Franchir les frontières pour survivre, Maria l’a vécue également. Au Vénézuela son père chef d’entreprise est menacé de mort. Elle tente de se construire un avenir au Panama:

Mon père pensait retourner au Venezuela une fois la crise résolue mais la situation empire et moi et mon jeune frère n’avons aucun avenir là-bas. C’est difficile au Panama, il y a des choses auxquelles je n’ai pas accès à cause de ma nationalité, certains concours scolaires par exemple... Ma famille a du mal à s’intégrer par le travail...

Le Panama ne possède pas de chiffres officiels sur les migrants, ils représenteraient quelques 10% de la population… Ce qui est certain commente Jorge Ayala, l’homme qui coordonne le groupe des migrants à l’archevêché c’est que la vague migratoire sans précédent qui traverse l’Amérique rend les autorités panaméennes plus réticentes: 

Une anecdote pour vous raconter ça: l’autre jour on est allé voir le gouvernement pour leur demander du soutien, un assistant social nous a dit « mais il y a tellement de pauvres au Panama déjà, pourquoi voulez-vous aider les étrangers ? » Mais si l’Église ne le fait pas, qui le fera? L’Église au Panama est une institution encore écoutée alors on essaie de faire passer notre message.

L’Eglise en valeur refuge: pour Saul, c'est le seul endroit où il se sent considéré:

Ils profitent du fait que l'on ne possède pas de papiers… Moi je garde des chiens pour 20 dollars par jour, je sais que partout dans le monde des gens souffrent comme nous… On attend du Pape qu’il sensibilise les gens à notre sort… Sa voix porte, la nôtre non… 

Dans l’avion le menant au Panama le Pape a jugé que le projet de mur entre les Etats Unis et Mexique était une folie.

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