Les Parisiens qui se promenaient le long de la Seine ces derniers jours ont sûrement vu un drôle d'engin voler au ras de l'eau : le SeaBubble de l'inventeur de l'hydroptère Alain Thébault. Les premiers modèles seront vendus à l'occasion de Viva Tech, le salon international des start-ups.

A l’arrêt on dirait un monospace flottant, mais le SeaBubble est en fait un petit hydroptère
A l’arrêt on dirait un monospace flottant, mais le SeaBubble est en fait un petit hydroptère © Radio France / Mathilde Dehimi

Les premiers SeaBubble seront vendus 140 000 euros pièces à l'occasion de Viva Tech qui se tient du 24 au 26 mai Porte de Versailles. À terme, on verra peut-être dans Paris ces petits taxis écolo voguer sur la Seine. Mathilde Dehimi nous emmène à bord

Première sensation, le silence. Moteur et une envolée en douceur. Là ça y est on vole. En quelques secondes le bateau caresse l'eau : "Il y a de petites ailes sous l'eau qui servent à faire s'élever la bateau dès qu'on accélère et qui nous permettent de réduire la consommation de 40% environs" explique Corentin Bigaud.

L'architecte naval tient fermement le volant "Ma principale préoccupation là c'est de ne pas heurter un objet dans l'eau. Hier, par exemple, il y avait une grosse palette qui flottait. C'est ce à quoi je fais le plus attention maintenant."

C’est très différent de naviguer sur un lac ou sur un fleuve

Derrière un design épuré se cache la complexité. Le SeaBubble fonctionne sur batterie électrique de deux heures d'autonomie pour l'instant. Ricardo Ben Catel est ingénieur d'essai en vol : "Ce bateau c'est comme un avion de chasse, c'est très instable si vous n'avez pas un stabilisateur automatique."

Le SeauBubble a déjà été testé sur le Lac Léman mais il réagit différemment sur la Seine : "L'une des difficultés de naviguer sur un fleuve comparé au lac c'est le courant et on doit bien estimer ce courant pour faire fonctionner correctement le régulateur, car la manière dont le bateau réagit aux remous dépend de la vitesse. Si on ne compense pas cela ça peut vraiment secouer."

Parfois le SeaBubble s'arrête. "Actuellement on mesure la vitesse par satellite, on a une perte de signal GPS sous les ponts" explique l'explorateur Alain Thébault.

Mais ça n'efface pas le sourire des lèvres de celui a aussi conçu l'hydroptère : "J'ai l'œil qui pétille parce que j'ai dessiné ce Bubble avec mon cahier vert il y a deux ans et demi et j'en ai rêvé et je l'ai fait. On vole, on ne fait pas de bruit, pas de vagues et pas de pollution et on ne dérange pas les oiseaux."

Un SeaBubble ce sont quatre places plus celle du conducteur mais à terme ça pourra être un véhicule autonome
Un SeaBubble ce sont quatre places plus celle du conducteur mais à terme ça pourra être un véhicule autonome © Radio France / Mathilde Dehimi

Il faut désormais convaincre

L'équipe discute avec de grandes entreprises internationales. Il faudra aussi adapter la réglementation. À Paris, on navigue à 18 km/h maximum, trop lent pour le SeaBubble dont la vitesse idéale est de 25 km/h. "Comme les bateaux génèrent des vagues on imposer une vitesse de 12/18 km heure mais nous on ne fait pas de vagues et on ne fait pas de bruit et on ne fait pas de pollution, donc on demande un assouplissement des règles."

Pour les Jeux Olympiques de 2024 l'équipe propose de concevoir des bateaux bus sur la Seine avant de voir peut-être un jour des SeaBubble taxi voguer au pied de la Tour Eiffel

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