Le 25 avril c'est la date de la Libération de l’Italie et de la fin du fascisme, c'est un jour férié en Italie. 73 ans après on vient toujours se recueillir sur la tombe de Benito Mussolini à Predappio. Le Maire de la ville veut créer un musée du fascisme pour mettre fin à ces pèlerinages nostalgiques

La "Casa del Fascio" une bâtisse de 2000 m² qui abritait le siège du Parti de Benito Mussolini à Predappio, deviendra le futur musée du fascisme
La "Casa del Fascio" une bâtisse de 2000 m² qui abritait le siège du Parti de Benito Mussolini à Predappio, deviendra le futur musée du fascisme © Fausto Fabbri - Comune di Predappio

Le 25 c’est la libération et la fin du fascisme. Le dictateur Benito Mussolini sera exécuté trois jours après la Libération le 28 avril 1945. Mais à Prédappio, sa ville natale en Emilie Romagne, dans le centre du pays, des nostalgiques du régime viennent toujours se recueillir sur sa tombe. Le Maire de Predappio veut créer un Musée du Fascisme pour éradiquer ces pèlerinages nostalgiques. Il serait le premier du genre en Italie. 

Le lieu choisi est on ne peut plus symbolique pour un Musée du Fascisme. Une immense bâtisse de 2000 m² qui abritait le siège du Parti de Benito Mussolini à Predappio. Une ville nouvelle édifiée sur ordre du dictateur dans les années 20, autour de sa Maison Natale. Le conseiller culturel de Predappio nous ouvre les portes du chantier.  

Carlo Giunchi : "Ici c’était le centre de la vie politique et entre guillemets 'culturelle'. Notre idée est d’affronter le symbole, non pas en l’effaçant, mais en le transformant comme ils le font en Allemagne. En Italie jusqu’ici tous les musées qui portent sur l’histoire du XXe siècle ne parlent que de la guerre et de la résistance."

Le Maire rêve de chasser les nostalgiques du fascisme pour les remplacer par des visiteurs du musée

Le maire de Predappio, Giorgio Frassinetti, devant la maison natale de Mussolini
Le maire de Predappio, Giorgio Frassinetti, devant la maison natale de Mussolini © Radio France / Mathilde Imberty

Car trois fois par an, aux dates de naissance de mort de prise de pouvoir de Mussolini, sa petite commune de 6 000 habitants se transforme en lieu de pèlerinage. La tombe du dictateur en particulier auprès de laquelle nous le retrouvons.
Giorgio Frasinetti : "Les gens qui viennent dans cette crypte laissent des messages du type 'Reviens !' 'Reviens et remets de l’ordre'. Des tas de personnes ont en tête le mythe d’un âge d’or italien, d’une Italie qui était alors respectée ! Nous nous devons d’expliquer de manière claire ce qu’était le fascisme. Ce musée sera comme un puits, tout en profondeur. Et dans le sous sol on racontera la guerre, les lois raciales, le colonialisme. Quand tu sortiras de ce musée tu n’auras plus du tout envie d’acheter un briquet avec la tête de Mussolini !"

Les affaires des boutiques de souvenirs sont toujours aussi prospères

Dans la rue principale trois magasins vendent ouvertement des bustes du Duce, des livres et gadgets en tous genres à la gloire du fascisme. Le gérant de l’un d’entre eux nous dit que les affaires marchent toujours aussi bien en 2018. Si le Maire espère avec le projet de Musée se défaire de ce flux embarrassant de néo fascistes, des historiens le critiquent et préféreraient un lieu plus neutre pour un Musée.

Un magasin de souvenirs à la gloire du fascisme et du Duce
Un magasin de souvenirs à la gloire du fascisme et du Duce © Radio France / Mathilde Imberty

La polémique rebondit régulièrement mais les premiers financements sont arrivés, la moitié des 7 millions d’euro nécessaires. En juin l’architecte du Musée sera nommé. En fin d’année les premiers coups de pioche. Pour que Predappio devienne un lieu de mémoire, sans la nostalgie.  

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