Pas toujours simple de savoir comment aider les personnes "en état de vulnérabilité sociale", de l'enfant maltraité au sans-abri en passant par la personne âgée isolée. Forte de ce constat, la Croix-Rouge a mis au point des modules gratuits pour sensibiliser le grand public sur les bons réflexes à adopter.

À l'aide de photos et de fiches, les participants au module identifient comment aider au mieux les personnes vulnérables
À l'aide de photos et de fiches, les participants au module identifient comment aider au mieux les personnes vulnérables © Radio France / Olivia Cohen

Parfois, vous aimeriez bien venir en aide au sans-abri en bas de chez vous ou à votre voisin âgé qui vit seul, mais vous ne savez pas toujours comment vous y prendre : ce constat a poussé la Croix-Rouge française à mettre au point des modules de sensibilisation pour venir en aide aux personnes dites "vulnérables" ou "en état de vulnérabilité sociale". Ces modules, d'une heure et gratuits, sont ouverts à tous partout en France, dès l'âge de 12 ans. Le premier s'est déroulé à Paris ce mercredi au siège de la Croix-Rouge.

Pour aider une personne vulnérable, faut-il lui proposer un café ou le numéro de police-secours ? Faut-il insister si elle repousse la main qu'on lui tend ? Autant de questions qui ont poussé Camille à participer au module : "On ne sait pas, c'est très difficile d'entrer en interaction avec une personne vulnérable quand soi-même on ne l'est pas."

Ne pas avoir de préjugés

Pour entrer en contact, il faut avant tout observer celui ou celle qu'on veut aider. Des photos sont disposées sur le sol : ici, un enfant maltraité, là, une vieille dame et puis, cet homme en costume-cravate. "Ce n'est pas une personne vulnérable", pensent d'abord les huit participants, avant de se rendre compte avec stupeur que l'homme est en train de faire la manche. 

C'est ce genre de déclics que Patrick Bastos, animateur du module, cherche à provoquer : "C'est le moment-clé en fait, où on se défait de ses préjugés. Tout citoyen a des personnes vulnérables autour de soi et il faut se méfier de l'aspect visuel."

Les huit participants, tous salariés de la Croix-Rouge, repartent convaincus, mais le but c'est de sensibiliser un très large public et en premier lieu : les jeunes ! Est-ce que ce type d'ateliers leur paraît nécessaire, utile ? Pour Jean, la réponse est oui : "C'est bien d'avoir des modules structurants, si j'aide n'importe comment, par exemple une femme battue, que je dis quelque chose d'inapproprié, la personne va se renfermer."

"Aider les gens, ça devrait être naturel"

Et qu'en pensent les premiers concernés, les vulnérables ? Huguette, 92 ans, appartient à la catégorie des "personnes âgées isolées" et pour elle, ce n'est pas une mauvaise idée, c'est surtout un vaste programme : "Qu'est-ce qu'ils veulent faire avec ces ateliers, rendre les gens meilleurs ?" C'est ce que voudrait Huguette en tout cas, que ce genre d'ateliers puisse changer les mentalités et prêcher autre chose que des convaincus "parce qu'il y a plein de gens qui se foutent complètement du type qui dort dans la rue... Il n'y a pas assez d'aide spontanée ! Par exemple, il y a un type en bas de chez moi... Je lui ai toujours spontanément proposé de la nourriture". 

Ce "type", c'est Dominique, un ancien chauffeur de taxi qui vit désormais dans la rue. Lui n'est pas très emballé par l'idée de la Croix-Rouge : "C'est un peu dommage, aider les gens, ça devrait être naturel." Pour s'inscrire à l'un de ces modules, il faut se rapprocher de la Croix-Rouge la plus proche de chez soi : plusieurs sessions auront lieu cette année.

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