Depuis des mois, le pays suit les rebondissements d'un scandale de corruption à grande échelle qui a conduit à la destitution de la présidente et à la mise en cause des chaebols.

Le scandale a eu lieu parce que les grandes entreprises sont de mèche avec le gouvernement. Elles doivent donc être punies ! L’économie ne pourra se développer que quand la justice sera respectée.

Nous sommes à Séoul en Corée du Sud et vous venez d'entendre Kim, une jeune de 29 ans lasse et révoltée. Le « Pays du Matin calme » est en pleine ébullition : la présidente Park Geun-hye, destituée en décembre par son Parlement, est accusée, entre autres, d’avoir extorqué des dizaines de millions d’euros à de grands conglomérats, les fameux « chaebols ». Si les liens de collusion - voire de corruption - entre les « chaebols » et le pouvoir sud-coréen sont connus depuis longtemps, ils sont de moins en moins acceptés par une population en colère. Une vaste enquête est en cours. Les dirigeants de ces entreprises sont entendus ces jours-ci par la justice. Parmi ceux-ci, Lee Jae-yong, l’héritier du géant Samsung, dont nous entendons l’arrivée très médiatisée au tribunal de Séoul…

Reportage de notre correspondant RFI et France Inter en Corée du Sud, Frédéric Ojardias

L’héritier Samsung est soupçonné d’avoir obtenu des faveurs du gouvernement, en échange de 24 millions de dollars de « donations » transmises à une amie de la présidente. Mais les juges ont décidé de ne pas l’arrêter… ce qui provoque la colère des Coréens de la rue. Mr. Shin, 40 ans.

Les conglomérats ont toujours bénéficié de leurs liens étroits avec le gouvernement. Au cours de l’histoire du pays, ils se sont développés grâce à ceux qui ont sué sang et eau… Mais quand il s’agit de partager et de rendre à la société, ces entreprises sont impitoyables. Une réforme des chaebols est indispensable.

Le chiffre d’affaires cumulé de ses 5 premières entreprises représente 80% du PIB de la Corée… Ces empires détenus par une poignée de familles verrouillent l’économie nationale. Et les juges ont toujours justifié leur clémence à l’égard des grands patrons par la nécessité de protéger l’économie. Un argument de moins en moins accepté. Mme. Park, 48 ans.

C’est le moment de faire des réformes. Si la destitution de la présidente est validée et si les grandes entreprises qui l’ont soudoyée sont punies, les choses s’amélioreront. Sinon, tout reviendra comme avant.

Mais cette réforme reste très difficile, explique Pierre Joo, un consultant qui aide les entreprises étrangères à se développer en Corée.

Il faut changer l’ADN économique de la Corée. Le pouvoir politique a accordé d’énormes faveurs à quelques grands groupes, mais ces grands groupes ont réussi de manière fulgurante et indéniable dans leur secteur d'activité. Et donc remettre en cause ce système, c’est remettre en cause tout le système économique de la Corée. C'est pour cela, que ce n'est pas évident.

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