Comité interministériel ce matin au siège de Santé Publique France à Saint Maurice dans le Val-de-Marne autour de la prévention. Entourés d'une dizaine de ministres, Agnès Buzyn et Edouard Philippe vont y présenter leur stratégie de prévention à tous les âges de la vie: grossesse, enfance, adolescence, jeunes adultes.

Quelles priorités de prévention, à quel âge ? Comment bien vieillir ? On va parler d'addictions, de dépistage, de sédentarité, de nutrition, de prévention sexuelle. Le constat, fait par Emmanuel Macron durant sa campagne et par d'autres candidats aussi à l'époque, notamment Benoît Hamon, c'est qu'on ne fait pas assez de prévention en France. On soigne bien mais on n'anticipe pas, on ne prévient pas le danger. Illustration dans un hôpital de jour, en région parisienne, qui soigne des jeunes de 15 à 25 ans souffrant d'addiction. On voit bien chez eux que les messages de prévention n'ont pas fonctionné et qu'il faut revoir la façon de leur parler.

Simon, la vingtaine, a commencé le cannabis à 13 ans, initié par un camarade. Au collège pas l'ombre d'une prévention. Jeanne et Timothée ont plongé dans la drogue vers 15 ans. Ils avaient entendu quelques messages, mais rien qui les retienne de goûter. Des messages outranciers, désincarnés, ou trop moralisateurs. Pour tous ces jeunes, finalement, la meilleure prévention, ce serait de pouvoir rencontrer des repentis pour qu'ils racontent. 

Benoît, 19 ans, a connu lui plusieurs addictions à la fois. La prévention, pour lui, c'est bien beau, mais ça ne changera rien, tant que la culture chez les jeunes restera imbibée de conduites à risque. Et puis les lobbies sont actifs sur les réseaux sociaux ajoute le professeur Amine Beniamina, qui préside la Fédération Française d'Addictologie. Pour les contrer la prévention doit elle aussi investir ces réseaux.

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