Un reportage de Sébastien Baer à Boston (Massachusetts)

Temple mormon de Belmont (Massachusetts)
Temple mormon de Belmont (Massachusetts) © Sébastien Baer

Dir ection les Etats-Unis, à Tampa, en Floride. A un peu plus de deux mois de l'élection présidentielle américaine, la convention républicaine, repoussée d’une journée à cause de la tempête tropicale Isaac, doit débuter officiellement demain.

L’évènement, suivi dans tout le pays, va rassembler plus de 50.000 personnes.

La convention doit introniser Mitt Romney comme candidat républicain.

Vainqueur de la primaire, le futur adversaire de Barack Obama, reste pourtant un personnage énigmatique aux Etats-Unis et souffre d’un déficit de notoriété.

Les mauvaises langues diront que si Mitt Romney a été élu gouverneur du Massachusetts, en 2003, c’est en grande partie grâce à la faiblesse de son adversaire démocrate. Pendant 4 ans, le candidat républicain a dirigé l’Etat, le temps de mettre en place une réforme de santé ambitieuse qui sert d’ailleurs aujourd’hui de modèle au camp Obama. Mais à Boston, Romney a laissé un sentiment amer affirme Cliff Cohn, représentant du puissant syndicat SEIU.

« Peu de temps après être devenu gouverneur du Massachusetts, il a commencé à penser à l’élection présidentielle. Il a alors parcouru le pays en se moquant du Massachusetts et en tournant en ridicule la politique libérale de cet Etat. Il n’a quasiment rien fait en tant que gouverneur. D’ailleurs, s’il s’était représenté, il n’aurait pas été réélu ».

Côté pile, Mitt Romney, c’est un père de famille dévoué, diplômé d’Harvard, homme d’affaires avisé et artisan du succès des Jeux olympiques de Salt Lake City.

Côté face, c’est un homme aux convictions à géométrie variable, regrette Scott Helman, biographe de Mitt Romney. « Chaque fois qu’il se présente à une élection, il se demande : que dois-je faire pour gagner ? C’est dans sa nature, il est très stratégique… Beaucoup de gens ne lui font pas confiance et lui disent : ‘eh attendez, avant vous aviez un avis différent sur l’avortement, le mariage homosexuel, l’environnement, les impôts, le port d’armes’. Et les gens se disent : ‘comment peut-on lui faire confiance ? ’ »

Au temple mormon de Belmont, dans la banlieue huppée de Boston, où il possède toujours une résidence, Mitt Romney a laissé un excellent souvenir. D’abord, parce qu’il a fait don de plusieurs millions de dollars à l’église. Ensuite, parce qu’il y a enseigné la foi mormone pendant 14 ans explique son ami, Grant Bennett : « Il a beaucoup d’énergie et son engagement au sein de l’église a été formidable. Il a toujours essayé d’aider les gens au quotidien, les chômeurs, les gens sans couverture maladie, les immigrés. Tous ont frappé à sa porte pour demander des conseils… C’est un bon entraînement pour devenir président ».

Mais Mitt Romney souffre d’un problème d’image.

On lui reproche son manque de spontanéité, sa rigidité. Son ton robotisé passe mal auprès de la population américaine estime Greg Stone, consultant proche du parti démocrate.

« Quand il parle, on voit un homme mécanique. Je crois qu’il a peur de montrer sa personnalité réelle. C’est une difficulté, peut-être un handicap. Le public veut découvrir des secrets et Romney ne dit rien ».

Mitt Romney n’a aucune chance de tirer bénéfice de ses 4 années passées au poste de gouverneur dans l’état du Massachusetts. Dans cet état, Barack Obama le devance de 18 points dans les intentions de vote.

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