Victor Hugo, La Conscience devant une mauvaise action, plume et lavis d’encre brune sur papier vélin, Paris, maison de Victor Hu
Victor Hugo, La Conscience devant une mauvaise action, plume et lavis d’encre brune sur papier vélin, Paris, maison de Victor Hu © Maisons de Victor Hugo / Roger-Viollet

C'est une exposition un peu particulière qui ouvre ce mercredi puisque très peu de monde pourra la voir. Elle se tient entre les murs de la prison de Réau, en Seine et Marne.

Consacrée aux Misérables , le roman deVictor Hugo , elle a été conçue par une dizaine de détenus, qui sont les commissaires de cette exposition avec La Maison de Victor Hugo . Une centaine d'œuvres sont présentées, dont plusieurs dessins de l'écrivain.

Pendant trois mois, l'exposition sera visible par les 620 hommes et femmes détenus dans cet établissement pour peines (qui n'accueille que des condamnés), et par tout le personnel qui y travaille, surveillants, psychologues, etc.

Mardi, ce sont les détenus eux-mêmes qui assuraient la visite, pour le vernissage en présence de la presse. L'œuvre de Victor Hugo résonne très fortement avec leur vie.

Reportage de Corinne Audouin

Une dizaine de journalistes longent les bâtiments de cette prison ultra-moderne, perdue en pleine campagne.

Entrés dans la salle d'exposition, on oublie les miradors et les barbelés. Murs gris, éclairage soigné, on se croirait dans un vrai musée… avec, pour guide, Myriam, détenue et commissaire de l'exposition :

Gavroche est mon personnage préféré, parisien typique de l’époque, petit voyou… Nous avons ici un dessin de Gavroche rieur, dessiné de la propre main de Victor Hugo.

Incarcérée depuis deux ans, Myriam a trouvé dans Les Misérables des résonances avec son histoire, et avec notre époque.

En tant que la plus grande d’une fratrie de cinq enfants, je me suis reconnue dans Gavroche. Mes parents travaillaient beaucoup, et dès l‘âge de six ans je me suis occupée de mon petit frère… Quand ils nous ont parlé des Misérables, j’ai voulu exploiter les deux gros tomes qu’ils nous ont donnés à lire, et j’ai découvert l’écriture de Victor Hugo. J’aime sa façon unique de représenter la misère, encore malheureusement dans notre société... Quand on voit les petits roumains, qui volent à droite à gauche, ils me font penser à Gavroche. Je trouve ça triste.

À travers les thèmes de la rédemption, de l'amour, ou de l'insurrection, chaque détenu a puisé dans l'œuvre de Victor Hugo matière à réfléchir, et à occuper le temps souvent vide de la détention.

Les Misérables , au Centre pénitentiaire de Réau en Seine-et-Marne, jusqu'au 26 avril 2016, pour les détenus et le personnel.

L'exposition devrait ensuite tourner dans d'autres établissements pénitentiaires en France.

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