C'est l'une des réponses de la police aux critiques sur l'accueil des femmes victimes de violences sexuelles dans les commissariats : ce mardi matin, un portail numérique de discussion en ligne est lancé. Une quinzaine de gardiens de la paix ont été formés pour porter conseil aux victimes.

L'entrée de l'hôtel de police de Clermont-Ferrand
L'entrée de l'hôtel de police de Clermont-Ferrand © Radio France / Olivier Vidal

C'est une première : la police lance ce mardi matin un portail de signalement en ligne, pour les victimes de violences sexuelles. C'est l'une des réponses de la Direction Générale de la Police Nationale aux critiques de ces dernières années sur l'accueil des femmes victimes de violences sexuelles dans les commissariats. 

Il aura fallu plus de quatre mois de procédure d'homologation avec la CNIL et le Conseil d'Etat, qui a donné son feu vert la semaine dernière, pour permettre le lancement de ce portail numérique de tchat (discussion en ligne) qui est lancé officiellement ce mardi, donc. 

Une quinzaine d'agents formés

Derrière les écrans, dans les Yvelines en Ile-de-France, au deuxième étage du commissariat de Guyancourt, une quinzaine de gardiens de la paix, femmes et hommes, et une psychologue, seront en permanence en mesure d'apporter des conseils aux victimes, qu'il s'agisse de femmes, d'hommes, d'adultes ou d'adolescents, et de leur prendre rendez vous le cas échéant pour porter plainte.

Parmi ces policiers, la capitaine Sandrine Masson va diriger cette nouvelle unité spéciale de la police nationale, une plateforme de discussion en ligne pour les victimes de violences sexuelles. "On voit qu'il est difficile, pour les personnes, de se confier, dans les accueils des commissariats, sur de l'intime. La plateforme permettra de pouvoir se confier et d'avoir ce réel accueil personnalisé", explique-t-elle. 

"Les victimes, leur famille ou les témoins pourront se connecter, indiquer leur ville et tomberont tout de suite en lien avec un fonctionnaire de police".

Derrière les claviers, une quinzaine d'agents formés depuis six mois, qui ont tous vécu des drames en direct par le passé, lorsqu'ils géraient  des appels au 17. "Des gens qui appellent à l'aide, des femmes en pleurs qui s'enferment dans une pièce, qui chuchotent pour ne pas que le conjoint entendre", explique une agent. 

Faciliter la prise de contact

"Ca permettra aux personnes qui n'auront pas forcément la facilité au téléphone ou de se rendre au commissariat, d'aller sur un tchat où c'est plus facile, on n'a pas la personne en face. Le fait de ne pas avoir à parler, c'est peut-être plus facile pour certaines personnes de se livrer. Nous, on espère que les victimes qui n'osent pas aller au commissariat franchissent le pas et portent plainte ou aillent voir une association", explique un autre agent. 

Les agents connectés peuvent ensuite, s'il le faut, prendre rendez-vous pour les victimes pour des accès directs dans les commissariats : ils pourront alors porter plainte sans avoir à s'expliquer à l'accueil, ou de renvoyer sur un réseau d'associations répertoriés au niveau national. Ce portail de signalement en ligne est disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7,  via le site internet service-public.fr, depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone.

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