Le prélèvement à la source, qui entrera en vigueur en janvier, va révolutionner les habitudes fiscales des contribuables et les pratiques de l'administration. Il a été largement préparé et anticipé, mais la crainte subsiste que cette réforme fiscale majeure inquiète, voir freine la consommation

Centre des finances publiques de Baziege, près de Toulouse
Centre des finances publiques de Baziege, près de Toulouse © AFP / Eric Cabanis

C'est l'un des changements du 1er janvier dernier, qui va faire tout drôle sur notre fiche de paie : à partir de mardi, les impôts seront directement prélevés à la source, c'est à dire sur les salaires, chaque mois. Une réforme fiscale menée par Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics, qui vise à simplifier la collecte de l'impôt. Selon lui, "tout est prêt, il n'y aura pas d'erreur massive".

"Une taxe comme une autre"

À Toulouse, les habitants ne semblent pas inquiets face à la mise en place de ce dispositif. Au centre des finances publiques du centre-ville, ce n'est pas le prélèvement à la source qui a poussé Kamel à pousser la porte : "Ce sera une taxe comme une autre, de toute façon on n'aura pas le choix", explique cet auto-entrepreneur, qui ne se dit pas vraiment stressé par la mesure. 

Le prélèvement à la source arrange même plutôt Manuel : il ne connait pas le taux qui sera déduit de son salaire, mais au moins, il n'aura plus à se soucier de le payer : "Je suis un mauvais payeur, j'étais un peu laxiste sur les impôts et la taxe d'habitation, ça va simplifier les choses", explique-t-il. "On n'aura pas à sortir une grosse somme d'un coup ou à économiser un peu tous les mois", ajoute-t-il. 

Le règlement des impôts en une seule fois ne faisait pas du bien aux finances de Lems. Ce cuisinier est donc lui aussi plutôt favorable à la mesure. Ça fonctionne déjà comme ça dans d'autre pays d'Europe, alors, pourquoi pas chez nous, se dit-il : "Peut-être que ça fait longtemps que ça aurait dû être fait ; au moins, c'est clair, il n'y a pas plus à payer". 

"Je repars bredouille"

De son côté, Jérôme grimace quand on lui parle du prélèvement à la source. Dans sa situation, c'est un saut dans l'inconnu : "Je travaille dans un laboratoire d'analyses. Mais j'ai une activité secondaire d'agriculteur. J'espère qu'avec mon comptable, nous arriverons à trouver les solutions, pour que tout se passe bien".

Pour éviter les galères, Leila a voulu prendre les devants, et est arrivée au guichet du centre des finances publiques avec un tas de questions : "Je prends ma matinée pour venir ici, je pensais repartir contente... et je repars bredouille". Selon elle, aucun agent n'a pu la renseigner. La jeune femme vient de recevoir son avis d'imposition. Elle doit payer avant mars. Mais comme elle est sans emploi, elle se demande un éventuel prélèvement à la source ne va pas la mettre en difficulté financière. 

"Je leur ai demandé si j'allais avoir un prélèvement en janvier. Ils n'ont pas su me répondre. Eux ne veulent rien entendre, et m'ont juste dit de revenir avec deux RIB pour m'arranger pour un prélèvement avant mars" : selon Leïla, ce manque d'information sur la mesure est regrettable. "Je n'ai eu que le prospectus glissé dans le dernier courrier des finances publiques" poursuit -elle... "Et quand on a des question précises, ca ne suffit pas."

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