Budget estimé de ce rendez-vous mondial : 6,8 milliards d'euros pour les infrastructures, l'organisation et l'accueil. Une activité dont les entrepreneurs de Seine-Saint-Denis espèrent bien profiter. Des entrepreneurs partagés entre optimisme et peur de voir ces jeux se transformer pour eux en mirage économique.

Paris accueillera les Jeux Olympiques en 2024
Paris accueillera les Jeux Olympiques en 2024 © Getty / Nicolas Briquet/SOPA Images/LightRocket

Après une visite au Stade de France où avait lieu la présentation des futurs travaux de rénovation de l'infrastructure sportive, Emmanuel Macron a dîné à l'Élysée avec les représentants de grandes entreprises.  France Inter est allé à la rencontre des acteurs locaux mobilisés sur ce dossier. 

Le mur de la honte, plus jamais ça

Appels d'offre raflés par des géants et commerçants locaux déçus... les erreurs de l'Euro 2016 ne doivent pas se reproduire en 2024 répète Navid Nabet, dirigeant de PME à St Ouen, qui se souvient notamment de ce mur temporaire pour privilégier les boutiques de sponsors aux abords du stade. 

En 2016, les spectateurs ne pouvaient pas accéder aux commerces voisins du Stade de France. C'est ce qu'on a appelé le "mur de la honte". Il ne faut pas que ça se reproduise. Il faut privilégier le territoire et ses emplois, plutôt que les sponsors. Nous voulons que ces jeux impactent le tissu économique durablement. C'est tout l'enjeu. 

Ce fabricant d'imprimantes espère bien être l'un des fournisseurs de l'organisation des Jeux Olympiques. Au total, estime Plaine Commune Promotion, qui regroupe les acteurs économiques locaux mobilisés, l'enveloppe pour la fourniture de matériel et de services autour des jeux, serait d'environ 2 milliards d'euros.  "Des extincteurs aux maillots de foot, en passant par les tables, les chaises... et les contrats de service, il y aura des marchés à prendre dans tous les domaines. Ils doivent aller en priorité aux entrepreneurs locaux" martèle Francis Dubrac, figure du secteur du BTP en Seine-Saint-Denis. 

À événement exceptionnel, cadre juridique exceptionnel ?

À moins de trois kilomètres à vol d'oiseau, Ali Célik le directeur de la pépinière d'entreprises de la Courneuve acquiesce : "il y aura des contrats de communication, de transports de joueurs, d'accueil des populations. Mais encore faudra-t-il permettre aux entreprises locales d'y accéder! Il faut penser à calibrer les marchés pour que de petites sociétés puissent les remporter. Un cadre réglementaire exceptionnel doit être imaginé. Sans cela, il n'y aura pas de véritables retombées économiques locales."

Regardez qui dîne avec Macron... Ce sont les grosses entreprises, les géants! Pas les petits patrons du département...

Ali Célik et Bastien Brunis au sein de la pépinière de la Courneuve. Le tissu économique de Seine-Saint-Denis est composé de 50.000 entreprises dont 80% de TPE.
Ali Célik et Bastien Brunis au sein de la pépinière de la Courneuve. Le tissu économique de Seine-Saint-Denis est composé de 50.000 entreprises dont 80% de TPE. © Radio France / Claire Chaudière

Dans ses locaux au sein de la pépinière, Bastien Brunis dirige l'agence de communication Solicom qui ne fait travailler que des Bac +5 issus des quartiers prioritaires.  

Est-ce que ça va vraiment redescendre jusqu'à nous? Avec des créations d'emplois, et la montée en compétence de nos collaborateurs ? Pour l'instant, le passé nous pousse à en douter. Pour tenir la promesse de ces jeux présentés comme le trait d'union entre Paris et sa banlieue, le gouvernement devra se donner les moyens d'obtenir des résultats localement. Les bonnes intentions ne suffisent pas. Elles ne convaincront personnes ici. 

Objectif malgré tout pour ce jeune entrepreneur : tout faire pour obtenir d'ici six ans une petite partie du budget animation du village olympique.

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