L'association Les Petits Frères des pauvres tire la sonnette d'alarme dans un rapport présenté à la presse ce matin. Le reportage de Guillaume Drechsler.

 L'isolement des personnes âgées, ce que les sociologues appellent "la mort sociale"
L'isolement des personnes âgées, ce que les sociologues appellent "la mort sociale" © Getty / Shestock

La mort sociale, c'est la solitude qui frappe les plus de 60 ans seuls et précaires. Ils ne sortent plus de chez eux et sont privés de relations familiales, amicales, voisinage ou même associatives.

Paris, 15e. Arlette vit seule dans son 25 m2 l’appart est propre, rangé ; les cadres au mur nombreux.

Je sais avec ces photos ce qui est arrivé : que ce soit pénible ou heureux, ça embellit les moments de tristesse vous savez

Cette arrière grand-mère de 88 ans a fait un choix de vie conséquent dans les années 90 : "J’ai quitté mon mari à 65 ans, après 42 ans de mariage. Pour lui, l’arrêt de travail, ça se présentait mal. J’ai dit ça y est, il a plus besoin de moi, je ne vais pas être un spectateur suffisant pour lui. J'ai dit : allez, je m'en vais. Vous savez y’a pas de larmes. Il faut pas qu’il y ait des larmes. Il faut y aller, alors vous y allez. Vous faites abstraction de tout ce qui peut vous faire souffrir. Il y a la solitude choisie, et il y a la solitude imposée comme la mienne et qu’il faut organiser le mieux possible. Par des petits bricolages. Je fais le principal de mon travail : je me fais le café le matin, mon repassage."

Mais dire que c’est l’idéal, je ne vais pas vous mentir, c’est pas possible.

La retraitée bénéficie depuis 10 ans d’une aide ponctuelle et régulière grâce à l’association Les Petits Frères des Pauvres. Sébastien y est bénévole depuis trois ans. Il lutte au quotidien pour que les personnes âgées gardent un lien social : "C’est toujours dans le souhait des personnes âgées. Si elles le désirent. On peut l’accompagner pour l’aider à écrire une lettre, ou reprendre contact avec sa famille.'

Mais toutes les personnes âgées ne bénéficient pas de ces aides. Car d’autres souffrent d’isolement, de solitude. Le sociologue Michel Billé :

C’est une mort dont on peut revenir, encore faut-il que quelqu’un vous tende la main. Une main tendue pour sortir de cette mort sociale. Ça s’appelle la solidarité.

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