Les tensions qui traversent la Turquie divisent également la communauté turque installée en France.

Le centre culturel Rumi de Sens a été incendié
Le centre culturel Rumi de Sens a été incendié © Radio France / Thibault Lefèvre

Les tensions qui traversent la Turquie divisent également la communauté turque installée en France. Depuis la tentative échouée de coup d'Etat dans la nuit du 15 au 16 juillet, une répression sans précédent s'abat en Turquie contre les anciens alliés Gülenistes de Recep Tayyip Erdogan. Arrestations, menaces, vengeances, dénonciations : des familles se déchirent dans le pays et en dehors. En France, des dizaines de partisans de Fethullah Gülen vivent dans la peur.

Murs calcinés, tables d'école fondues : ce sont les traces encore visibles de l'incendie volontaire qui a détruit le centre culturel Rumi, à Sens (Yonne) au lendemain du coup d'Etat manqué. Ahmet, président de cette association gülenste de soutien scolaire, qu'il appelle "maison de lumière" dans le jargon de sa communauté, connaît ses agresseurs : "C'étaient des jeunes que j'avais considéré comme mes enfants pendant un moment. La communauté turque de Sens était solidaire... Comment peut-on en arriver à une telle haine ? Je n'ai pas peur, mais je suis inquiet". Des menaces contre l'association ont été proférées sur les réseaux sociaux.

Sur son téléphone, Ahmet a reçu des SMS de menaces
Sur son téléphone, Ahmet a reçu des SMS de menaces © Radio France / Thibault Lefèvre

Conséquence immédiate de cette agression : la moitié des 15 élèves de l'association ont décidé de ne plus revenir. Autre stigmate de cette tension : un panneau à l'entrée du café de la mosquée turque de Sens indique clairement que les "Féto", les partisans de Fethullah Gülen selon leurs opposants, ne sont plus les bienvenus.

Depuis un mois et demi, un autre Güleniste français d'origine turque, Nihat Sarier, répertorie les attaques. Il a compté 17 dégradations de locaux et une centaine d'agressions verbales ou physiques :

"Après les événements du 15 juillet, il y a eu des actions violentes. Maintenant, il y a des menaces de mort, des dénonciations. Les journaux pro-gouvernementaux font l'éloge de la force patriotique turque. Nous avons ouvertement peur que des personnes soient assassinés ici".

Des franco-turcs sont aussi menacés en Turquie. Selon Nihat Sarier, ils seraient une quinzaine interdits de sortie de territoire ou mis en détention.  

Un reportage de Thibault Lefèvre

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