À Nanterre, en banlieue parisienne, des enfants vont faire leur rentrée lundi prochain, dans une école un peu particulière, puisqu'elle est construite en terre crue. Le chantier vient de s'achever : c'est une première en Île-de-France.

Une école construite en terre crue à Nanterre, en banlieue parisienne
Une école construite en terre crue à Nanterre, en banlieue parisienne © Radio France / Sandy Dauphin

L'idée est de diminuer l'usage du béton, dont la fabrication émet beaucoup de CO2, pour le remplacer en partie par un matériau plus naturel et écologique.

Le résultat est étonnant : dans cette classe de maternelle ensoleillée, le mur du fond ressemble à de la boue séchée mélangée avec des graviers. Normal, avec des murs d'école en en terre crue. Lorsque la ville de Nanterre a opté pour ce type de matériau pour le nouveau groupe scolaire Miriam Makéba, dans le quartier flambant neuf de L’Université derrière la Grande Arche du quartier de la Défense, il y a certes eu des réactions dubitatives, mais le projet a abouti.

Le béton n'a pas totalement disparu : il a été utilisé pour fabriquer le cadre du mur est fabriqué en béton, la terre crue servant de "remplissage", en quelque sorte. Mais le matériau naturel représente tout de même 35% du total de l'édifice.

Du béton pour le cadre, et un remplissage en terre crue dans cette école écolo
Du béton pour le cadre, et un remplissage en terre crue dans cette école écolo © Radio France / Sandy Dauphin

L'intérêt écologique : "dans le béton, il y a du ciment, et pour en faire il faut beaucoup de chaleur, le béton produit donc beaucoup de CO2", explique le maire Patrick Jarry. Pour les murs en terre crue, "il faut de la terre pas du tout polluée, que l'on malaxe avec de l'eau pour faire une sorte de compost".

Des habitudes nouvelles à prendre

Cette école  est également écolo parce qu'elle consomme moins d'énergie : elle est dotée de panneaux solaires,  chauffée au bois, isolée avec de la laine de bois, et équipée d'une ventilation naturelle (en plus d'une VMC classique) : des ventaux sur les fenêtres permettent d'aérer et de lutter contre les canicules.

Les personnels vont être formés pour les habituer à ouvrir les ventaux le soir afin de faire rentrer la fraîcheur de la nuit, et fermer le matin pour conserver cette fraicheur. Le gardien de l'école, Moumahdi Fahar, a pu testé cet été son efficacité : "Il faisait 37 degrés à l'extérieur, et dans les classes on était à 25 degrés. Sans climatisation, c'est agréable !"

Seul bémol, le revêtement de la cour de récréation est encore en goudron noir, un bitume qui capte la chaleur et imperméabilise les sols. "Un regret" pour le maire, qui affirme que "débitumer" les cours d'école est à l'étude, un processus qui sera testé dans un centre de loisirs de la ville.  

Cette école écolo a aussi un coût : 15 millions d'euros. Reste à changer les habitudes des enfants et des adultes qui vont la fréquenter. Avec ces nombreux murs en terre crue, il va falloir trouver des astuces pour l'affichage, modifier les habitudes de nettoyage et apprendre aux petites mains à ne pas gratter la surface.

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.