Alors que de nombreuses familles déménagent pendant la période estivale, quel premier bilan tirer de la bourse d'échange de logements sociaux lancée il y a huit mois à Paris ? Ce nouveau dispositif qui vise à favoriser la mobilité dans le parc social est étendu depuis cet été à l'Ile-de-France.

Un nouveau dispositif vise à favoriser la mobilité dans le parc social en permettant aux locataires d'échanger directement leurs appartements et de manière définitive.
Un nouveau dispositif vise à favoriser la mobilité dans le parc social en permettant aux locataires d'échanger directement leurs appartements et de manière définitive. © Radio France / Claire Chaudiere

Ce sont désormais les 750 000 locataires du parc social franciliens qui peuvent contribuer et bénéficier de la bourse d'échange de logements sociaux "Échanger habiter". 24 bailleurs sociaux se sont associés au dispositif. Joanne, la quarantaine, fait partie des tous premiers Parisiens à s'être inscrits sur la plateforme. 

Déménagement après plusieurs années de recherches actives

Encore dans les cartons, elle est aujourd'hui installée dans son nouvel appartement dans le nord de Paris. Il y a 15 jours, ce sont deux familles, explique-t-elle qui ont déménagé au même moment

Cela faisait quatre ans que je cherchais. La composition familiale avait changé et j'étais dans un appartement devenu trop grand. Mais même en investissant beaucoup d'énergie, pas facile de trouver chaussure à son pied. 

Le principe : un site internet sur lequel les candidats à la mobilité mettent en ligne leur annonce. L'opération est validée lorsque deux locataires sont prêts à échanger leurs appartements. Une sorte de "Meetic" du logement social comme l'avait présenté la mairie de Paris à son lancement.

Dans le cas de Joanne, on a d'un côté une famille recomposée cherchant un appartement plus petit. De l'autre, une famille avec des enfants en bas âge cherchant, au contraire un appartement plus grand. 

Sur le site, les locataires eux-mêmes rentrent les caractéristiques de leurs appartements.
Sur le site, les locataires eux-mêmes rentrent les caractéristiques de leurs appartements. © Radio France / Claire Chaudière

Le prix à la relocation est visible sur le site mais peut-être réévalué par le bailleur en tenant compte du loyer précédent. 

Accélérer les mouvements dans un parc social saturé.  

Pour Stéphane Bettiol, directeur général adjoint de Paris-Habitat, premier bailleur social parisien, "cela n'a pas vocation à remplacer les procédures classiques sur lesquelles nous devons encore travailler, mais c'est un outil supplémentaire pour la mobilité."

4% seulement de notre parc est vacant. C'est très peu ! Ici, pas besoin que les appartements soient vides pour satisfaire les ménages qui veulent bouger. Nous avons déjà 8 000 appartements inscrits.

"Les demandes de mobilités sont de plus en plus importantes. En Île-de-France, on estime que jusqu'à un tiers des locataires sont en demande de mobilité, pour se rapprocher du travail ou changer de cadre de vie. C'est énorme", note de son côté Pascal Vacher qui dirige la plateforme.

Près de 200 ménages ont bénéficié de ces échanges en quelques mois, selon Pascal Vacher.

Stéphane Bettiol, directeur général adjoint de Paris-Habitat.
Stéphane Bettiol, directeur général adjoint de Paris-Habitat. © Radio France / Claire Chaudière

Autonomie et liens humains

Un dispositif qui a aussi d'autres effets positifs, notent les bailleurs : une valorisation de certains quartiers et appartements par des locataires habituellement très critiques sur leurs conditions de vie, des relations humaines tissées lors des échanges. 

"On a laissé des meubles, présenté la famille qui viendra chez nous à nos voisins. Cela donne lieu à des échanges au delà du simple déménagement", raconte Joanne, ravie.

Plus les locataires seront acteurs de leur mobilité, plus les choses se dérouleront dans de bonnes conditions, et plus ils seront satisfaits, conclut Pascal Vacher.

Une bourse inspirée d'une première initiative savoyarde, qui a donné des idées à la ville de Bordeaux, et qui est actuellement regardée de très près à l'étranger par des bailleurs sociaux anglais ou coréens.

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