Les catacombes de Paris se renouvellent pour leur partie officielle, mais la partie interdite attire toujours autant de monde. Descendez sous terre avec Hélène Chevallier

Visitez les catacombes avec Hélène Chevallier et Marie Ralli
Visitez les catacombes avec Hélène Chevallier et Marie Ralli © Radio France / Hélène Chevallier

500 000 personnes les visitent chaque année : les catacombes de Paris se renouvellent. En tout cas, les deux petits kilomètres de la partie officielle sous la place Denfert-Rochereau. Rien ne change en revanche pour l'autre partie, les 250 à 300 kilomètres de galeries souterraines. Elles sont toujours interdites au public. Pourtant elles aussi attirent du monde : des fêtards, des ados en quête de sensation, ou juste des passionnés des lieux, ils sont quelques centaines à descendre régulièrement à 30 mètres sous la capitale.

Avec son gros sac à dos rouge sur le dos, ses cuissardes et sa lampe frontale, Marie rampe, marche pliée en deux ou de l'eau jusqu'aux hanches. La jeune femme a découvert les catacombes il y a tout juste sept ans, initiée par un ami : "J'avais pas de bottes à l'époque pour descendre donc je suis descendue avec des chaussures qui ont pris l'eau tout de suite, comme la majeure partie des gens qui descendent la première fois. C'est une sorte de baptême."

Royaume du street art et de l'absurde

Les catacombes regorgent d'objets insolites. Au détour de couloirs entièrement tagués, on découvre un vélib’, un mini château en pierre, une boite aux lettres, des panneaux de circulation, des mannequins en plastique démembrées. A plusieurs reprises, Marie croise d'autres "cataphiles". Certains, comme cette jeune femme enroulée dans une guirlande lumineuse, passent comme des fantômes, d'autres s'arrêtent pour discuter, offrir une bière. Ce soir, une vingtaine d'habitués se sont retrouvés autour de réchauds et de poêles pour une soirée crêpes. "Certains vont creuser pour construire des salles, d'autres font des photos ou s'intéressent à l'aspect sportif, chacun trouve plus ou moins sa place. D'autres ne font rien de particulier, ils viennent juste se promener, discuter avec des gens" explique Marie. Un petit monde peut-être aussi fasciné par le côté hors le temps et totalement déconnecté des lieux.

Hélène Chevallier a suivi Marie, lors d'une descente le week-end dernier.

Pour mémoire, descendre dans les catacombes non officielles est interdit et passible d'une amende de 60 euros.

Au début c'est le côté social, inattendu des "cata" qui a séduit Marie. Aujourd'hui, c'est sous l'aspect scientifique et artistique qu'elle poursuit sa passion. La presque trentenaire y consacre sa thèse de géographie à la Sorbonne. Les souterrains parisiens sont par ailleurs devenus la principale source d'inspiration de ses peintures. (A découvrir lors de la nuit de la géographie vendredi 31 mars à La Bellevilloise)

L'une des peintures de Marie. Les souterrains parisiens sont devenus une de ses principales inspirations
L'une des peintures de Marie. Les souterrains parisiens sont devenus une de ses principales inspirations
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