Voilà ce que ditMarine Le Pen, la présidente du Front national (sur le site internet du Front national), au sujet dela directive européenne sur les travailleurs détachés, ces travailleurs dits « low cost »:

Les gouvernements français de droite comme de gauche ne font rien pour lutter contre le dumping social européen : vrai ou faux ?

accentuation prochaine des contrôles des travailleurs détachés en france
accentuation prochaine des contrôles des travailleurs détachés en france © reuters

C’est faux. Cela fait maintenant un an et demi que l’Europe tente de revoir les conditions d’applications de cette directive sur le détachement des travailleurs. Le principe est simple : une entreprise tchèque envoie l’un de ses salariés travailler six mois sur un chantier en France.

L’entreprise doit appliquer à son salarié les conditions du pays d’accueil, congés payés et salaire, sauf pour la Sécurité sociale qui, elle, est payée en République tchèque. Cette directive date de 1996. Et au départ, l’idée était justement de tenir compte des disparités sociales entre les différents pays européens.

Le problème date de la crise économique. Certaines entreprises profitent du système. Elles se délocalisent sous forme de simple boite à lettres, dans un pays où les conditions de travail sont moins avantageuses. Ca permet de faire baisser les coûts.

On peut s’étonner, comme Marine Le Pen, que certains pays comme la France, l’Allemagne, l’Italie ou les Pays-Bas aient tant attendu pour lutter contre ces faux travailleurs détachés.

Mais ce n’est pas si simple.

Car ce que ne dit pas la présidente du Front National, c’est que la France est l’un des pays qui bénéficie le plus de la directive. Autrement dit,abroger cette directive, ce serait condamner 300 000 Français au chômage. Car la France est l’un des pays qui envoie le plus de travailleurs détachés dans un autre pays.

Explications de l’eurodéputée socialiste Pervenche Béres , présidente de la Commission emploi au Parlement européen :

En juin, les eurodéputés ont arrêté une position : ils veulent renforcer les contrôles et obliger les entreprises à partager la responsabilité avec les sous-traitants . Une position très ambitieuse, même si cette obligation pourrait être limitée au secteur du bâtiment : cela représente tout de même 80% du marché des travailleurs détachés.

Des contrôles, le Royaume-Uni et les pays d’Europe de l’Est n’en voient pas l’intérêt. On attend maintenant que le Conseil prenne une position lors de la réunion du 9 décembre. Après quoi il faudra que les Etats se mettent d’accord sur un compromis avec les députés européens, car c’est la codécision qui s’applique. La date butoir de ces négociations, c’est la fin de la législature, en avril 2014. Après, tout sera à refaire.

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