"Monsieur Chat" en pleine action
"Monsieur Chat" en pleine action © Corinne Audouin / Corinne Audouin

"Monsieur Chat" : c'est l'un des graffitis les plus célèbres des murs de Paris et dans le monde entier. Son créateur, l'artiste Thomas Vuille, devait comparaitre mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour "dégradations". mardi, veille de l’audience, Corinne Audouin a rencontré Thomas Vuille en pleine action dans le XIIIème arrondissement de Paris.

Tout le monde connaît "Monsieur Chat", l'un des graffitis les plus célèbres de murs de Paris et du monde entier. Son créateur, l'artiste Thoma Vuille.Il avait dessiné plusieurs chats dans la station de métro Chatelet, en mai dernier. La RATP a porté plainte, et réclame des dommages et intérêts.

Pas de procès pour M. Chat : le tribunal correctionnel de Paris a décidé, mercredi 28 octobre, d’annuler les poursuites contre l’artiste. L’avocate de Thomas Vuille avait soulevé des erreurs dans la convocation, qui visait des articles de lois abrogés. Le parquet peut décider de rédiger une nouvelle convocation, dans les règles cette fois. On a par ailleurs appris avant l’audience que la RATP ne demandait finalement qu’un euro de dommages et intérêts.

Thomas Vuille en pleine action, dans le 13ème arrondissement de Paris

Exemple d'un tag de "Mr Chat" photographié par la RATP
Exemple d'un tag de "Mr Chat" photographié par la RATP © RATP / RATP

Incrédules, les passants lèvent la tête. Perché dans une nacelle à 6 mètres de haut, Thomas Vuille trace à la bombe jaune le fameux visage de son félin fétiche. Cette intervention est tout à fait légale, d'ailleurs le maire PS du 13ème, Jérome Coumet, qui soutient l’artiste, est présent. Il estime qu’il faut soutenir le "street art". Mais aujourd’hui, Thomas Vuille, 37 ans, 15 ans de peinture de rue à son actif, comparaît pour la première fois devant un tribunal, poursuivi par la RATP pour dégradations. En mai de l'année dernière, il avait bombé des Monsieurs Chats à la station Châtelet ; dans des espaces en travaux, qui avaient vocation à être recouverts. Thoma Vuille conteste donc toute dégradation.Aucun porte-parole de la RATP n'a voulu s'exprimer, mais ses services nous ont communiqué des photos où l'on voit trois silhouettes de chats, bombés en noir sur un mur gris, entourés d'autres graffitis très sommaires. La RATP souligne qu'elle porte plainte systématiquement pour tous les graffitis dans ses espaces, sans juger de leur qualité artistique, à charge ensuite à la police d'en identifier les auteurs, et au parquet de les renvoyer au tribunal. Pourquoi ces poursuites systématiques? Parce que le « dégraffitage » de ses espaces lui coute chaque année 5 millions d'euros, précise la régie, qui réclame 1.800 euros de dommages et intérêts à Thomas Vuille. Une demande totalement injustifiée pour l'avocate de l'artiste, Me Agnès Tricoire : elle estime qu’il n’y a pas de préjudice, et que ces poursuites sont absurdes. Les graffitis ont été entièrement recouverts par du carrelage à la station Châtelet.En plus des dommages et intérêts demandés par la RATP, l'artiste encourt une amende de 7500 euros et un travail d'intérêt général.

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